Algérie Alger 26 Mars 1962 Massacre de la Rue d'Isly

A la Mémoire de nos Compatriotes morts Rue d'Isly

26 mars 1962, rue d’Isly à Alger. « Ce jour-là, pour la première fois depuis les événements de la Commune de Paris en 1871, une foule française a été mitraillée par ses propres soldats sur ordre de l’État, plusieurs milliers d’Algérois s’étaient rassemblés dans le quartier populaire de Bab El Oued pour une marche pacifique, vers 13h30, un déluge de feu et de fer s’est abattu sur la foule, trois-cents personnes y ont été tuées ou blessées lorsque le feu des armes s’est arrêté, un grand silence s’est abattu sur ce champ de mort, seulement troublé par le gémissement des blessés.

 

Ce crime d’État dont les instigateurs n’ont jamais été poursuivis est un crime contre l’humanité et ces victimes sont une seconde fois assassinées par les déclarations d’un candidat à la présidentielle qui a non seulement travesti la réalité historique mais porté atteinte à la mémoire des Français d’Algérie.

Ce 26 Mars 2021, Madame  Michele Soler Présidente du Cercle Algérianiste de Nice et Monsieur René Pico Président de l’Assemblée Nationale Pied Noir, représentant Monsieur Jacques Villard Chef de l’État Pied Noir, ont déposés une gerbe en mémoire de nos compatriotes assassinés.

Depot Gerbe 26 mars 2021 I

Un monument d’hommage fut construit à Nice, ville dont le rattachement à la France avait été postérieur à celui de l’Algérie, et dans le square Alsace-Lorraine, symbole s’il en fut de la patrie perdue puis retrouvée, région d’origine de nombreux Français d’Algérie ayant gagné ce territoire à la suite de la défaite de 1870. Oeuvre du sculpteur algérois André Greck, Grand Prix de Rome en 1936, il rejoignait dans ce square le monument en hommage à Paul Déroulède. Une main tenant une urne funéraire y était accompagnée d’inscriptions. Le projet était explicite : « 1830-1962. Passant, souviens-toi qu’il y eut une Algérie française et n’oublie jamais ceux qui sont morts pour elle. »

Aux Français d’Afrique du Nord et des terres lointaines qui firent la France d’Outre-Mer et la fécondèrent de leur sang la Ville de Nice a voulu donner sous son ciel bleu et ses palmiers au bord de sa mer latine l’image du pays perdu.

La Grande Poste d'Alger

Le 26 mars 1962, en guise de protestation, une foule pacifique d’Européens, y compris des femmes et des enfants, se rend en cortège vers le quartier de Bab el-Oued pour protester contre son bouclage par l’armée française.

Dans la rue d’Isly, devant la grande Poste, un détachement de tirailleurs algériens de l’armée française, sous le commandement d’un jeune lieutenant kabyle, fait face aux manifestants. Épuisés et ne sachant plus trop à quel drapeau obéir, ces hommes sont nerveux et prêts à en découdre.

La tension est à son comble quand soudain un tirailleur lâche une première rafale. Pendant 12 minutes, c’est le carnage. Un homme supplie : « Halte au feu, mon lieutenant un peu d’énergie, halte au feu… Mon lieutenant, criez je vous en prie ! ». Les cris redoublent : « Halte au feu ! ». Mais rien n’y fait.

On relèvera officiellement plus de quatre vingt morts, dont deux fillettes de dix ans, et deux cents blessés.

Le soir même, s’exprimant à la télévision, le général de Gaulle n’aura pas un mot pour les victimes de ce drame, bien que leur devant son retour au pouvoir. La presse s’abstiendra également d’en faire état sans qu’il soit nécessaire de le lui demander.

Bouleversés, les Algériens de souche européenne ou israélite, au nombre d’un million (10% de la population), prennent alors la résolution de fuir le pays sans attendre le référendum qui doit avaliser les accords.

Halte au feu mon Lieutenant