Bab el Oued le 23 mars 1962

Fédération des Deux Rives

Etat Pied-Noir à l'Ouest de la Méditerranée

Sisyphe, le 23 mars 2021

 

Mes chers compatriotes,

Ce jour, ce 23 mars, est, pour nous, un jour de tristesse.

Il fut pour notre peuple pied-noir, le commencement de la fin.

Ma Légion d’Honneur est d’être un enfant de Bab el Oued

Mon Ordre National du Mérite est d’avoir vécu la Bataille de Bab el Oued, le 23 mars 1962 à Alger.

Ce jour-là, mon père  venait d’être assassiné par les services du Cabinet du Premier Ministre français.

Ce jour-là, ma mère était en clandestinité, après avoir connu la prison et les tortures.

Ce jour-là, mon grand-père maternel et moi, nous sommes montés, les mains derrière la tête, dans un camion militaire.

Ma tête était remplie des récits de guerre de mes grands-pères et de mon père, engagés volontaires au titre des conflits mondiaux de 14/18 et de 39/45.

Ils avaient quitté leurs foyers et leur terre natale pour défendre la France. 

La mission était belle. Le sacrifice, nécessaire.

Et la Vème République française, le 23 mars 1962, nous a tiré dessus, après avoir saccagé nos lieux de vie, puis nous a emprisonnés et nous a torturés.

A Bab-el-Oued, nous n’étions pourtant ni des fascistes, ni des colons.

Notre seule richesse était la pauvreté que nous partagions avec nos frères de toutes croyances et de toutes ethnies.

Des jours et des jours de confinement obligatoire nous ont été imposés.

Le quartier de Bab-el-Oued à Alger, confiné, devint un ghetto comme Venise, Budapest ou Varsovie, peut-être comme Paris, demain.

Selon Loïc Wacquant, un espace peut être considéré comme un ghetto s’il vérifie ces quatre éléments : le stigmate, le confinement spatial, la contrainte et l’emboîtement institutionnel (ou parallélisme institutionnel forcé). Il y a une double volonté « d’exploitation économique et d’ostracisation sociale » d’un groupe ethnique ou culturel sur un autre. Le ghetto est donc la matérialisation spatiale d’une domination ethno-raciale. 

Les ghettos ont toujours été construits par des hommes en uniforme qui avaient confisqué le pouvoir et qui l’exerçaient contre leurs propres peuples non par amour, mais par haine.  .

J’ai compris, ce jour-là, que nous n’étions plus des Français à part entière.

J’ai compris aussi qu’un général, Président de la République, un homme en uniforme, détestait les Pieds-Noirs.

Lui nous avait compris et nous, nous venions, hélas, de le comprendre, en particulier lorsque les tanks ont tiré sur nos habitations et que les avions ont mitraillé nos terrasses.

Les tenants de la Vème République de l’époque furent tous complices , car lorsque l’on reçoit un ordre qui est manifestement contraire à l’intérêt supérieur de la Nation, le premier devoir de tout citoyen est de désobéir.

Il est possible de pardonner,mais il est impossible d’oublier.

J’ai pardonné, mais je n’oublie rien

Ce jour là, je suis devenu véritablement un Pied-Noir.

C’est pourquoi je suis à la tête, aujourd’hui, de l’État Pied-Noir, n’ayant jamais cessé de me battre contre la Vème République française dont nous connaissons désormais les limites.

La France et le Peuple français ne sont en rien coupables de ces actes, mais ce général dont je ne prononcerai pas le nom s’est transformé brusquement de libérateur en dictateur.

Il est vrai que, comme il le disait lui-même : la vieillesse est un naufrage. 

Le 23 mars a été suivi par le 26 mars à Alger et le 5 juillet à Oran.

Des centaines de morts, des centaines de disparus, des milliers de blessés !

Il s’agit de massacres prémédités et perpétrés sur un peuple désarmé afin de le contraindre à l’exil et à la dispersion.  

Nous avons été marqués au fer rouge pour des fautes dont nous n’étions pas coupables.

Je le proclame devant le regard des peuples du monde !

Le 11 mars 1963, ce même général faisait fusiller un ingénieur aéronautique de haut rang, reconnu pour son génie par de grandes nations, qui, contrairement à la légende, n’avait pas, lui, les mains rouges du sang des Français.

Cet ingénieur était un fervent catholique, élevé au sein d’une famille gaulliste qui n’avait pas parjuré l’idéal de la résistance.

Il n’était pas Pied-Noir. Il était un excellent Français.

Cependant, cet ingénieur ne supportait pas le mensonge et la trahison, surtout lorsque ces deux mots deviennent  des instruments d’un pouvoir qui, faute de convaincre, se pérennisait par les armes et une communication de basse fortune.

Un homme politique français, d’un autre bord que le général président déclarait au moment où nous nous faisions massacrer et que nous tentions de fuir la barbarie : « que les Pieds-Noirs aillent se faire voir ailleurs ».

En créant cet État Pied-Noir,  » la Fédération des Deux Rives », c’est ce que nous tentons de faire sans peur et sans haine, mais avec ferveur et passion.

Nous sommes des Français de cœur et d’âme. Nous ne renions pas notre Patrie et nos familles françaises.

Nous sommes des gens simples, travailleurs, courageux, patriotes et déterminés.

Nous sommes surtout apolitiques et pacifiques.

Au sein de notre État, il n’y a pas de Ministre de la Guerre ou de Ministre de la Défense Nationale.

Nous voulons construire une enclave qui pourra être un navire de la reconquête lorsque la bataille de France aura été perdue, car nous le constatons, chaque jour, dans les villes et villages de France, une guerre est menée contre cette Patrie, grande et généreuse, que l’on défigure et que l’on meurtrie.

Chacun doit faire son Devoir là où le destin l’a placé.

Bataille d’Algérie, perdue !

Bataille de France, en passe d’être perdue ! 

Mais la guerre sera gagnée par le peuple du Camp des Saints et à main nues pour le cœur contre la raison, par amour contre la haine.

Chers compatriotes Pieds-Noirs, chères Françaises et chers Français, gardez Courage et Espérance ! 

Rejoignez-nous !

Nous ne sommes pas des destructeurs mais des femmes et des hommes  dignes de l’héritage des constructeurs de cathédrales.

Notre devise « la Paix pour seul combat » est un héritage que nous a légué notre « Prix Nobel » Albert Camus.

Déjà, en son temps, les Étrusques mettaient César en garde contre les « Ides de mars ».

César croyait en Jupiter.

Il croyait même être un dieu.

César se méfiait du reste du monde qu’il méprisait et c’est son propre fils qui fut l’instrument de son funeste destin.

Il faut savoir quitter le pouvoir lorsque le pouvoir vous quitte et que vous n’êtes plus légitime.

Les 15 morts oubliés des gilets jaunes murmurent dans le silence assourdissant d’une abstention du Peuple de France qui commence, enfin, à condamner, avant de se soulever.

Lorsqu’un Peuple cesse d’estimer, il cesse d’obéir !

Les dés sont jetés ! 

 

Jacques Villard 

Chef de l’État Pied-Noir

Président de la Fédération des Deux Rives.