El Halia

El Halia 20 août 1955, un massacre méconnu.

El-Halia est attaqué entre 11 h 30 et midi le 20 août 1955.

C’est un petit village proche de Philippeville, sur le flanc du djebel El-Halia, à trois kilomètres environ de la mer. Là vivent 130 Européens et 2000 musulmans. Les hommes travaillent à la mine de pyrite, les musulmans sont payés au même taux que les Européens, ils jouissent des mêmes avantages sociaux. Ils poussent la bonne intelligence jusqu’à assurer leurs camarades Degand, Palou, Gonzalès et Hundsbilcher qu’ils n’ont rien à craindre, que si des rebelles attaquaient El-Halia, « on se défendrait » au coude à coude.

A 11 h 30, le village est attaqué à ses deux extrémités par quatre bandes d’émeutiers, parfaitement encadrés, et qui opèrent avec un synchronisme remarquable. Ce sont, en majorité, des ouvriers ou d’anciens ouvriers de la mine et, la veille encore, certains sympathisaient avec leurs camarades européens… Devant cette foule hurlante, qui brandit des armes de fortune, selon le témoignage de certains rescapés, les Français ont le sentiment qu’ils ne pourront échapper au carnage. Ceux qui les attaquent connaissent chaque maison, chaque famille, depuis des années et, sous chaque toit, le nombre d’habitants. A cette heure-là, ils le savent, les femmes sont chez elles à préparer le repas, les enfants dans leur chambre, car, dehors, c’est la fournaise et les hommes vont rentrer de leur travail. Les Européens qui traînent dans le village sont massacrés au passage. Un premier camion rentrant de la carrière tombe dans une embuscade et son chauffeur est égorgé. Dans un second camion, qui apporte le courrier, trois ouvriers sont arrachés à leur siège et subissent le même sort. Les Français dont les maisons se trouvent aux deux extrémités du village, surpris par les émeutiers, sont pratiquement tous exterminés. Au centre d’EI- Halia, une dizaine d’Européens se retranchent, avec des armes, dans une seule maison et résistent à la horde. En tout, six familles sur cinquante survivront au massacre. Dans le village, quand la foule déferlera, excitée par les « you you » hystériques des femmes et les cris des meneurs appelant à la djihad, la guerre sainte, certains ouvriers musulmans qui ne participaient pas au carnage regarderont d’abord sans mot dire et sans faire un geste. Puis les cris, l’odeur du sang, de la poudre, les plaintes, les appels des insurgés finiront par les pousser au crime à leur tour. Alors, la tuerie se généralise. On fait sauter les portes avec des pains de cheddite volés à la mine. Les rebelles pénètrent dans chaque maison, cherchent leur « gibier » parmi leurs anciens camarades de travail, dévalisent et saccagent, traînent les Français au milieu de la rue et les massacrent dans une ambiance d’épouvantable et sanglante kermesse. Des familles entières sont exterminées : les Atzei, les Brandy, les Hundsbilcher, les Rodriguez. Outre les 30 morts il y aura 13 laissés pour morts et deux hommes, Armand Puscédu et Claude Serra, un adolescent de dix-neuf ans qu’on ne retrouvera jamais. Quand les premiers secours arrivent, El-Halia est une immense flaque de sang.

Le groupe de fellagha est commandé par Zighout Youcef. 123 des personnes qui l’habitent, de toutes religions, de tous sexes, de tout âge et de toutes opinions politiques sont massacrés de la façon la plus ignoble que l’on puisse imaginer. (71 européens, 52 musulmans, 120 disparus). Outre les égorgements des hommes (après ablation du sexe et vision du viol de leurs femmes et de leurs filles) et l’éventration des femmes, méthode habituelle, on note pour la première fois des personnes dépecées, vraisemblablement tant qu’elles étaient vivantes.

Ce massacre résulte des nouvelles consignes du FLN qui a échoué dans sa tentative de mobiliser massivement les français musulmans d’Algérie contre la France, que ce soit par la propagande ou par la terreur. Il a également échoué dans sa tentative de créer une force militaire suffisante pour gagner des combats contre l’armée Française, par manque de soutien extérieur susceptible de lui procurer des armes, aussi parce que les paras et autres troupes de choc, ramenées d’Indochine, implantent de nouvelles formes de guerre, avec des unités mobiles, et le début des opérations héliportées. Enfin de plus en plus nombreux sont les musulmans qui portent les armes Françaises, d’abord protection des sections administratives spéciales nouvellement implantées, gendarmes des groupes mobiles de sécurité, puis progressivement et de plus en plus, auto défense des villages et troupes combattantes, les harkis.

Le FLN a alors décidé de faire régner la terreur, il renforce ses politiques d’attentat aveugles dans les villes, son extermination systématique des européens, ses actions de sabotage de récolte, de routes, de réseau ferré, de lignes téléphoniques qui le conduiront à la victoire. Il vise aussi les nationalistes modérés type Ferhat Abbas, dont le neveu, qui gérait sa pharmacie est égorgé pour l’exemple. Abbas comprendra parfaitement qu’il n’est plus possible de tenter une troisième force et rejoindra le Caire.

El Halia aura une autre conséquence, le gouverneur général Soustelle, qui était venu en Algérie avec la volonté de trouver une solution politique, voyant le massacre, déçu de ses contacts, décide « qu’on ne discute pas avec des gens comme ça ». Lors de l’enterrement des victimes, les personnes présentes, menées par le maire, piétineront les gerbes et couronnes offertes par les autorités préfectorales et militaires et feront une conduite de Grenoble au sous-préfet.

Soustelle écrira : « Les cadavres jonchaient encore les rues. Des terroristes arrêtés, hébétés, demeuraient accroupis sous la garde des soldats…Alignés sur les lits, dans des appartements dévastés, les morts, égorgés et mutilés (dont une fillette de quatre jours) offraient le spectacle de leurs plaies affreuses. Le sang avait giclé partout, maculant ces humbles intérieurs, les photos pendues aux murs, les meubles provinciaux, toutes les pauvres richesses de ces colons sans fortune. A l’hôpital de Constantine des femmes, des garçonnets, des fillettes de quelques années gémissaient dans leur fièvre et leurs cauchemars, des doigts sectionnés, la gorge à moitié tranchée. Et la gaieté claire du soleil d’août planant avec indifférence sur toutes ces horreurs les rendait encore plus cruelles « 

Le 20 août 1955, « une date terrible, une date inoubliable » dira Yves Courrière dans son « Histoire de la guerre d’Algérie »

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Les Français d’Algérie

Les Français d'Algérie

L’histoire des Pieds-noirs sur le territoire algérien s’inscrit entre 1830 et 1962, c’est-à­-dire de la conquête de l’Algérie par la France jusqu’à son indépendance. La France envahit l’Algérie en 1830, mettant fin à une domination ottomane pour une domination française. L’Algérie devient alors un département français. Les musulmans et juifs présents deviennent des sujets français. Un nombre significatif de colons se sont alors établis en Algérie, si bien que dans certaines villes leur nombre dépassait celui des locaux. La présence française contenait des avantages et de nombreux inconvénients: «French influence on Algeria’s culture, economy and society was strong, although it was often resented by the native population who complained of favoritism, exclusion from the political process and the deniai of basic rights and freedoms» .

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Pierre Granés

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Mon mari a disparu

Oran: « Mon mari a disparu le 5 juillet 1962… »

Huguette Husté

Huguette Husté n’a jamais revu son mari, disparu le 5 juillet 1962.L’enlèvement et le massacre de centaines de Français, après le 19 mars 1962, reste un sujet tabou.

Devant le mur des disparus de Perpignan, un homme retrouve un nom : «Font… on l’appelait Mimi, Font», se souvient-il, la voix cassée par l’émotion. Un peu plus loin, Huguette suit du doigt une ligne… «Il est là». Christian Husté, son mari. L’un des milliers de disparus civils de la guerre d’Algérie, l’une des centaines de victimes du 5 juillet 1962, à Oran.

«Christian était inspecteur des impôts et nous habitions la ville depuis 3 ans. En 1957, à la naissance de ma fille, notre second enfant, nous étions bien sûr embêtés par ce qui se passait, il y avait des attentats, ponctuels, mais personne ne pensait que ça finirait comme ça, en tragédie», raconte à présent Huguette Husté, 81 ans, contrôleur des impôts retraitée. Avant de s’interrompre, pour inspirer.

Car «c’est à vif», résume-t-elle soudain, devant le monument. Politique de la terreur, spirale infernale du FLN et de l’OAS poursuivant sa politique de la «terre brûlée»… Après le 19 mars et la signature des accords d’Evian, les choses empirent en effet. L’armée française reçoit la consigne de rester l’arme au pied. Mais l’ALN-FLN ne respecte pas ses engagements: les exactions se multiplient. Le but? Répliquer à l’OAS et montrer que «la valise ou le cercueil» ne sont pas des paroles en l’air. Et c’est à Oran que la situation est la plus exacerbée, l’affrontement sans pitié entre les deux camps face à face.

Sinistre Petit-Lac

Le 11 mai, Huguette Husté prend l’avion avec les enfants,direction Hyères, où elle a de la famille. Fonctionnaire, Christian reste. Il doit partir fin juin. Puis reporte au 5 juillet. Ce jour-là, il charge la voiture familiale avec tout ce qu’il a pu sauver à bord d’un bateau en partance pour Alicante. «La voiture est arrivée sans lui et en Espagne, tout a été volé», poursuit Huguette. Christian ne réapparaîtra jamais…

«Il a été enlevé avec un de nos voisins, entre la maison de mes parents et le port, puis sans doute exécuté au Petit-Lac, comme des centaines d’Oranais ce jour-là. Un de ses collègues, lui, a pu être sauvé. Au ministère des Finances, ils ont été éberlués. Le bruit a couru un temps que le FLN faisait enlever des fonctionnaires de haut niveau pour faire tourner l’administration après notre départ. On a parlé de camps.»

Huguette a écrit partout. Durant des années. «Dossier vide», lui a-t-on répondu. Depuis, la souffrance n’a jamais cessé. La colère non plus. Le général Katz avait 18000 hommes en garnison à Oran, et ce jour-là, «il n’a rien fait pour protéger les Français. Ceux qui ont été sauvés l’ont été par des voisins, des amis arabes ou des officiers qui avaient désobéi aux ordres», résume-t-elle. Aujourd’hui ? «Je ne veux pas qu’on me plaigne, je veux simplement qu’on reconnaisse cette tragédie des disparus».

Oran au cœur du drame

Après la signature des accords d’Évian, supposés garantir la sécurité de tous les civils ainsi que des supplétifs musulmans, Oran sera le théâtre d’exactions sanglantes, le 5 juillet 1962.

Ce jour-là, à l’issue du défilé fêtant l’indépendance, des éléments armés de l’ALN, venus de l’extérieur de la ville, mais aussi des civils, vont enlever et tuer des centaines de personnes. Un déchaînement de violence en réplique au terrorisme de l’OAS ou un véritable « nettoyage ethnique » ? Le débat demeure.

Du 26 juin au 10 juillet, on relèvera 679 victimes: 326 morts, 353 disparus. Or toutes les enquêtes le confirment: les autorités françaises étaient parfaitement au courant de la situation, elles n’ont rien fait, de Gaulle avait dit: ne bougez pas. Et les Pieds-Noirs? «Ils souffriront!», a répondu de Gaulle.

Huguette Husté. Sur le monument de Perpignan figure le nom de son mari.Huguette Husté. Sur le monument de Perpignan figure le nom de son mari. Photo DDM PC

Publié le 15/03/2012 à 08:09

Pierre Challier  www.ladepeche.fr

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Les contre-vérités des Algériens

Les contre-vérités des Algériens

La dernière accusation d’Alger contre la France : 

l’analphabétisme des Arabes, pendant que l’Algérie était Française ..

  • Aux Français qui lui reprochent d’avoir qualifié la colonisation de « crime contre l’humanité », Emmanuel Macron va pouvoir opposer un nouvel argument, qui vient de lui être soufflé : la France coloniale a œuvré pour répandre l’analphabétisme en Algérie ! C’est ce qu’a affirmé Abdelmadjid Chikhi, le directeur des Archives nationales et conseiller du président algérien pour les questions mémorielles, l’alter ego de Benjamin Stora. Macron va-t-il se réjouir de cette nouvelle accusation contre la France, refuser de la commenter ou protester énergiquement ?

  • On a rarement vu une telle insolence de la part des autorités algériennes. Sans doute ont-elles besoin, alors qu’elles sont contestées par les Algériens eux-mêmes, d’un bouc émissaire pour occulter leurs propres responsabilités dans la situation actuelle de l’Algérie ; mais l’expérience leur a également appris qu’elles pouvaient continuer de lancer des piques contre la France, puisque son président, loin de réagir, semble abonder dans leur sens.

  • Elles peuvent donc lui infliger des camouflets ad libitum : il est déjà intellectuellement soumis, c’est tout juste s’il n’en redemande pas !

  • L’Algérie, comme un garnement qui a longtemps défié l’autorité de ses parents pour tester leur autorité, redouble d’insolence. Récemment, un de ses ministres a qualifié la France d’« ennemi éternel » de l’Algérie. Elle a annulé la visite officielle de Jean Castex, au motif que la délégation française n’était pas assez fournie.

  • Elle rechigne à recevoir les ressortissants algériens que le ministre de l’Intérieur dit vouloir expulser… Sans que Macron tape du poing sur la table. C’est un encouragement pour entretenir la soumission d’un président, qui, comme un chien bien dressé, se couche au moindre signe de son maître. Dans ces conditions, cette nouvelle insulte contre la France risque bien de tomber aux oubliettes.

  • Prétendre qu’au début de la colonisation française, en 1830, « tous les Algériens lisaient et écrivaient », accuser la France d’avoir « éliminé les personnes qui lisaient et écrivaient » et  répandu « l’analphabétisme » relève d’une singulière mauvaise foi et d’une contre-vérité historique. Les chercheurs reconnaissent généralement qu’un effort d’enseignement fut entrepris et s’élargit par étapes, même s’il se heurtait parfois aux résistances de la population elle-même.

  • Une politique de scolarisation massive fut engagée après la Seconde Guerre mondiale et durant la guerre d’Algérie.

  • Faut-il rappeler, entre autres, l’implication de la congrégation des Pères blancs qui ouvrit, à partir de 1873, des écoles destinées aux jeunes Kabyles ? Ou, pendant la guerre, les nombreux soldats-instituteurs mobilisés dans des régions qui n’avaient jamais connu de scolarisation ? Quand l’Algérie devint indépendante, le 5 juillet 1962, 15.000 coopérants français furent mis à la disposition du nouvel État.

  • Avec pour mission de désalphabétiser, sans doute ?

  • Jamais autant d’enfants algériens ne furent scolarisés en français, avant l’arabisation de l’enseignement, qui ne fut pas facteur de progrès. Ce sont ses propres carences que le gouvernement algérien reproche aujourd’hui à la France.

  • Si Macron ne réagit pas fermement à cette nouvelle agression, s’il ne réhabilite pas l’action passée de la France en Algérie, s’il n’a pas suffisamment d’humilité pour corriger ses préjugés sur la colonisation, on sera contraint d’en  conclure qu’il a moralement trahi son pays et son Histoire. Rien qu’à ce titre, il mériterait, à la première occasion, qu’on lui donnât congé.

Philippe Kerlouan

Philippe Kerlouan

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13 Mai 1958

Le putsch d'Alger ou coup d'État du 13 mai

  • Le 13 mai, avec ses tenants et aboutissants, est un dédale de complots et d’intrigues.

  • Le 13 mai commence avec une grève générale décrétée par  les Anciens Combattants.

  • Les causes de cette révolution sont nombreuses, variées, géographiquement distantes les unes des autres, certaines institutionnelles, d’autres accidentelles, mais toutes proviennent de la même source : la désagrégation de l’État.

  • Pour certains, le 13 mai voit la victoire politique de l’Algérie Française. L’alliance des patriotes et de l’armée va entraîner les Musulmans puis imposer sa loi à la Métropole.

  • Léon Delbecque arrive au petit matin à Alger, ainsi qu’Alain de Sérigny.

  • A Alger, le colonel Yves Godard met immédiatement en alerte le 3 e R.P.C., le 1 er R.C.P. et le 9 e Zouaves qui s’occupera de la Ca

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Louis Aliot Mairie Perpignan

Perpignan

Perpignan, le 10 mars 2021

Lettre ouverte à Benjamin STORA par Louis ALIOT, maire de Perpignan ​

En matière de mémoire, il est nécessaire, et même vital, de rappeler sans cesse la réalité des faits, y compris par les images les plus terribles, afin que ceux-ci survivent à l’épreuve du temps. Cela s’applique notamment à tous les conflits et tragédies qui ont marqué la France, dont la guerre d’Algérie. La vérité est à ce prix. 

Monsieur STORA, votre « Rapport sur les questions mémorielles portant sur la colonisation et la guerre d’Algérie », remis le 20 janvier au Président de la République, ne contient pas que des contre-vérités. Il occulte en revanche sciemment, comme Emmanuel MACRON vient à nouveau de le faire sur vos conseils, des faits innommables qu’il convient de rappeler. 

En ce 19 mars, date du pseudo-cessez-le-feu de 1962, après lequel entre 50 000 et 100 000 harkis – voire 150 000 selon certains documents officiels -, et entre 3 000 et 5 000 pieds noirs furent assassinés, j’ai décidé de rendre hommage à ces victimes oubliées, hier abandonnées par la France, aujourd’hui abandonnées par l’histoire. 

Ce geste de justice et de réparation prendra la forme de l’ouverture, en ce 19 mars, d’un lieu de mémoire et de recueillement accessible sur réservation, salle des Libertés, à Perpignan, où sera exposée une quarantaine de photos et de documents rappelant, dans toute leur cruauté, ce que vous-même, et nombre d’historiens, vous échinez à dissimuler : les tortures et massacres généralisés dont furent victimes, en Algérie, des dizaines de milliers de nos compatriotes, en particulier musulmans, femmes et enfants compris, de la part du FLN – aujourd’hui encore au pouvoir dans ce pays, où il maintient sous sa coupe son peuple et sa jeunesse. 

Ces documents et photos, toutes issues de publications officielles des gouvernements français de l’époque, je ne vous ferai pas l’injure de penser que vous les ignorez. 

En tant que maire de Perpignan, si imprégné de l’apport des rapatriés et des harkis, et de leurs descendants, mais aussi en tant que fils et petit-fils de pied-noir moi-même, je ne peux en revanche souffrir que vous les passiez sous silence – conjuguant ainsi celui-ci avec repentance. 

Ce n’est pas la vérité, ennemie de tous les totalitarismes, qui est dérangeante, Monsieur STORA, c’est son omission. Or vous avez fait preuve, dans votre rapport, d’un rappel des faits, de jugements et de « préconisations » qui omettent une large part de ces vérités. 

Je vous invite donc, si vous le souhaitez, à venir ce 19 mars à Perpignan, comme j’y invite les Perpignanais dans le strict respect des règles sanitaires, à vous recueillir, réfléchir, et peut-être discuter, autour de ces photos et documents, qui, certes cruels, sont avant tout porteurs de vérités. Fussent-elles dérangeantes… 

Bien à vous.

Louis ALIOT

Maire de Perpignan

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Archives Algériennes et Françaises

Marianne

"Au nom de mes disparus, ouvrez les archives algériennes et françaises !"

Par Hélène Cohen

La réalisatrice Hélène Cohen*, dont la famille a disparu à Oran l’été 1962, appelle à ce que ces drames sortent enfin du gouffre noir du silence.

En apprenant qu’Emmanuel Macron avait reçu les petits-enfants d’Ali Boumendjel pour leur dire officiellement que leur grand-père avait été torturé et assassiné par l’armée française, j’ai été saisie par l’émotion. Je ne les connais pas et je ne veux pas parler pour eux, mais en tant que petite-fille de disparus de la guerre d’Algérie, je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier et j’ai imaginé ce que pouvait être leur soulagement d’entendre enfin reconnue la vérité sur la mort de leur grand-père.

J’ai lu également qu’Emmanuel Macron leur avait exprimé « sa volonté de poursuivre le travail engagé depuis plusieurs années pour recueillir les témoignages, encourager le travail des historiens par l’ouverture des archives, afin de donner à toutes les familles des disparus, des deux côtés de la Méditerranée, les moyens de connaître la vérité »

Je dois avouer que j’ai été incroyablement surprise. Non que je n’y croie pas, je veux y croire, mais lire ces mots « familles de disparus » de la part du président de la république, après des dizaines d’années de silence d’Etat, de non-dits, de stigmatisation, c’est tellement inespéré. J’aimerais dire à Emmanuel Macron que s’il veut vraiment que les familles connaissent la vérité, il n’y a plus de temps à perdre…

Reconnaître les responsabilités de l’Etat

Les 28 et 29 juin 2021, cela fera 59 ans que mon grand-père Mimoun, ma grand-mère Yvonne, leur fille Colette, et son mari Jean-Jacques ont disparu en Algérie sans que l’on sache ce qui leur est arrivé. Ils sont tombés dans un trou noir et ils ont entrainé leur famille et leurs descendants avec eux. Régine, la fille de Mimoun et d’Yvonne, n’a pas supporté ce vide. Elle s’est suicidée, elle avait 25 ans. Mon père s’est cloitré dans sa douleur et il est mort également sans savoir ce qui était arrivé à sa famille. Jocelyne et Bernard, les enfants de Colette et Jean-Jacques, sont morts tous les deux prématurément sans comprendre le drame qui avait bouleversé le cours de leurs vies. Je ne compte pas, parmi les descendants, les dépressions, les addictions, les coups de folie… Le silence continue à tuer, 60 ans après, en toute impunité. Alors oui, la vérité, les vérités, même celles dont on a le plus honte, sont nécessaires, même vitales. Pour les vivants, mais aussi pour les morts qui sont fatigués et qui ont besoin de se reposer.

Ce que je demande aujourd’hui ? Je n’aurais pas les mêmes attentes s’agissant de la France et de l’Algérie. De ce côté-ci de la Méditerranée, j’espère que cette nouvelle génération de dirigeants saura reconnaître les responsabilités de l’Etat, notamment concernant la disparition des citoyens français et le désarroi terrible dans lequel ont été laissées les familles après la guerre. Et ce n’est pas méconnaître le sort des disparus Algériens. Ils ont été, en proportion, beaucoup plus nombreux et eux aussi ont tout autant besoin de connaître la vérité.

Faits induscutables

Je ne suis pas historienne, je sais qu’il y a des controverses sur les chiffres, mais les faits sont indiscutables : entre le 19 mars, date des accords d’Evian, et le 1er juillet 1962, date de la proclamation de l’indépendance, on parle d’environ 2 900 hommes, femmes, enfants, vieillards dont on n’a jamais retrouvé les corps. Encore aujourd’hui, on ne sait pas ce qui leur est arrivé. Le 5 juillet à Oran, il y aurait eu environ 300 morts et autant de disparus. Pendant cette période, l’armée française était encore présente, mais avait ordre de n’intervenir sous aucun prétexte. Ni pour protéger les civils, ni pour enquêter sur les disparitions, ni pour essayer de libérer les éventuels prisonniers. On a laissé le champ libre à ceux qui avaient intérêt à terroriser la population afin de provoquer l’exode. Je ne suis pas naïve (en vérité, je le suis un peu…), je sais bien que c’était la guerre, et que faire la guerre c’est forcément faire des choix. Et des sacrifices. Je peux même essayer de comprendre qu’on ait choisi de sacrifier quelques milliers de personnes pour mettre fin à cette guerre meurtrière.

Ce qui me révolte, c’est le déni, les mensonges, les non-dits, qui ont laissé les proches, les vivants, dans un immense désespoir. Plutôt que d’assumer, les autorités de l’époque ont laissé à l’extrême droite la mainmise sur la question des disparus, ne donnant pas d’autres choix aux survivants que le silence, la honte et la culpabilité. En plus de la douleur et de l’exil. Je parle ici de ma famille, je ne veux pas généraliser, mais je pense qu’elle n’est pas la seule à avoir réagi ainsi. Personne, ni mon père ni les autres proches, n’a osé s’élever contre cette chape de plomb, de peur, entre autres, de se faire traiter de « fachos ». Au silence d’Etat a répondu le silence des familles, et la combinaison de ces silences s’est transformée en malédiction et en poison. Ce que je souhaiterais aujourd’hui, c’est que la France lève ce sortilège en reconnaissant sa part de responsabilité. Et qu’elle relaie enfin, et avec fermeté, auprès des autorités Algériennes, les requêtes des familles de disparus et des historiens, pour l’ouverture des archives toujours inaccessibles, 60 ans après.

Pour l'humanité

Sur un plan personnel, concernant l’Algérie, je m’interroge sur ce que ressentirait mon grand-père Mimoun. Ses ancêtres étaient en Algérie depuis des siècles. Ils étaient ce qu’on appelait des indigènes, ce qui veut dire « originaires du pays ». Mon arrière-grand-mère s’appelait Aicha et sa langue maternelle était l’arabe. Mes grands-parents sont nés sur cette terre de l’autre côté de la Méditerranée et je me doute bien qu’ils y sont morts. Peut-être existe-il encore des traces d’eux quelque part ? Peut-être quelqu’un se souvient-il de leurs derniers instants ? Qu’on puisse leur redonner vie un instant avant de pouvoir enfin remplacer le mot « disparu » par le mot « mort ».

Dans la religion juive, comme je suppose dans la plupart des religions, on dit que lorsqu’un mort n’a pu être enterré dignement, l’humiliation rejaillit sur sa famille, ses descendants et l’humanité toute entière. La petite Antigone, qui n’était pas juive, a bataillé jusqu’à la mort pour que son frère ait droit à une sépulture. Chaque être humain, vivant ou mort, a droit, je suppose, au respect. S’il existe en Algérie des documents enfermés dans des archives, des témoins qui n’ont jamais osé parler, il serait temps maintenant, 60 ans après, de les libérer. Pour les disparus, pour leurs familles, pour les Algériens que ces drames hantent encore, je peux en témoigner. Pour l’humanité, dans tous les sens du terme.

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M.Geneviève DARRIEUSSECQ

Madame Geneviève DARRIEUSSECQ – Ministre de la Mémoire et des Anciens Combattants,

Monsieur Louis de Barrau
Les Bories de Prévinquières
12150 Sévérac d’Aveyron                                                                                                                                                                                         le 19 mars 2021

Madame,

 

Permettez-moi de me présenter : Louis de BARRAU, appelé à 18 ans, classe 59 2B, carte d’ancien combattant n° 012 FR 3184762, 4 mois de classes au 92e RI de Clermont-Ferrand, puis sergent pendant 24 mois au 117e Régiment d’infanterie en Algérie, implanté dans la Mitidja, autour de Blida, Fondouk, Fort de l’eau, Boufarik et les versants nord de l’Atlas jusqu’à Chréa, Médéa et les gorges de la Chiffa. 

Vous êtes notre ministre, notre représentante, or à l’heure de « la compétition victimaire », du brouhaha autour du rapport de Benjamin Stora, les repentances, le décolonialisme, etc.. etc … ON NE VOUS ENTEND PAS ! 
Votre ministère connaît mieux que quiconque les chiffres.
Combien de centaines de milliers de jeunes Français, appelés, sont ils allés perdre 2 ans de leur 20 ans, et plus de 30 000 y sont morts, souvent torturés ? 
Personne n’en parle, Madame, n’est ce pas votre rôle de défendre notre honneur d’avoir simplement servi la France, comme elle nous le demandait. 
Lors de sa campagne pour la présidence, François Hollande, dans son humiliant meeting de Stains {93}, a hurlé devant une assistance en délire, ISLAMIQUES, VOUS ÊTES L’AVENIR DE LA France ! … 
Réponse: le Bataclan…….et la suite…..
Cinq ans plus tard, en campagne pour la même fonction, Emmanuel Macron déclarait à Alger que la COLONISATION ETAIT UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ, avouant ainsi sa méconnaissance totale de l’histoire de d’Algérie ! 
Réponse : Samuel Paty……et la suite ….
Aujourd’hui, un an avant la présidentielle le voilà dans la repentance !
Dans un an, juste avant l’élection présidentielle, il y aura le soixantième anniversaire des accords d’Evian … que ne va t’on entendre, qu’est il entrain d’imaginer?… 
Bien sûr, ils sont si nombreux, maintenant en France, avec un bulletin de vote et nous, anciens soldats d’AFN ne sommes plus qu’une poignée. 

Comme dans toutes les communes de France, le village où je suis né, vécu mon enfance et où je suis retourné, Gaillac d’Aveyron a son monument aux morts. 
Sous l’inscription À NOS HÉROS MORTS POUR LA FRANCE, la liste de ceux de 14 / 18 : 25 dont 2 de mes oncles, puis les noms de ceux de 39/45 : 9 et enfin ceux d’Algérie : Roland Tassier et Marcel Burguiere, amis d’enfance, appelés, tués à 19 et 20 ans en Algérie. Roland, fils d’agriculteur, Marcel, fils du forgeron du village : la France laborieuse de tout temps sacrifiée.
La guerre d’Algérie fait partie de la colonisation,
Alors Madame, ces 30 000 soldats Français morts au combat : HEROS ou CRIMINELS ? ? ?
Nous attendons une réponse claire !
Devrons nous rayer leurs NOMS de nos monuments par allégeance à ceux qui nous haïssent et aux islamo-gauchistes ?
Nous comptons sur votre courage de Femme, de Médecin, de Mère et d’ auteure du livre  « l’HEROISME » .

Permettez-moi de porter à votre connaissance trois faits gravés en moi :
– le départ pour l’Algérie, 
– le spectre qui nous a accompagné pendant deux ans et qui me hante encore parfois, 
– enfin le retour.
Le 92e RI de Clermont-Ferrand a fourni durant 6 ans, tous les 2 mois, un contingent de 300 soldats pour l’Algérie. Nous étions convoqués après 48 heures de permission, un beau matin à la gare de Clermont, ultime appel, remise à chacun d’une ration alimentaire, montée dans les wagons, surprise ! Ceux ci sont immédiatement fermés à clef de l’extérieur, déverrouillés à Marseille, quai de la Joliette, huit heures plus tard, le long d’un bateau où nous devions passer du wagon aux cales du navire entre deux haies de gendarmes !!! 
À peine arrivés dans nos nouvelles unités en Algérie, nous étions informés que lors de probables combats, accrochages, embuscades… et ils furent nombreux en deux ans, nous devrions nous battre jusqu’au bout car le FLN ne faisait jamais de prisonnier. Ce qui fut le cas, vous le savez. Capturés, nous serions bâillonnés, entravés, les attributs masculins arrachés au couteau et abandonnés à l’hémorragie. Madame, ils ont été des milliers à subir ce sort. Vous avez certainement les chiffres exacts dans votre ministère.
Merci de les transmettre au Président et à Benjamin Stora afin de compléter son rapport. Il ne semble pas avoir interrogé les derniers témoins : Français d’Algérie, Harkis, Soldats …
Comme chacun le sait, cette méthode est la signature du FLN, c’est pour cette raison que seules les têtes des moines de Tiberrine ont été remises aux autorités Françaises.  Il ne fallait pas montrer leur corps avec la signature des auteurs.
Enfin, mes 28 mois accomplis, quelques jours après la participation avec notre compagnie en renfort sur les émeutes et fusillades de la rue d’Isly et de la place de la Poste à Alger, en mars 1962, le « Ville d’Alger » plein de soldats accoste, au petit matin, quai de la Joliette à Marseille, j’en était. Sortis des cales par la porte avant, la porte arrière étant réservée à la sortie des cercueils de soldats, empilés rapidement dans des camions. …
Des clameurs nous font lever la tête vers le quai supérieur. Là, des centaines d’individus, disciples de Sartre, Rocard, Duclos ou autres, communistes aux ordres de Moscou, sifflent et hurlent des injures ….
En remontant la passerelle, le soldat devant moi reçoit un crachat. 
Sous les hurlements et les insultes, nous avons dû attendre 2 heures notre tour dans la ronde des camions pour la gare St Charles !!!

Madame, notre ministre de la mémoire et des anciens combattants, si simplement par respect pour ceux que vous représentez, ceux qui y ont laissé leur vie, vous demandiez à tous ces repentants, pour des raisons électorales ou piteusement idéologiques, un minimum de dignité ! de se taire !  N’ont ils rien de mieux à faire ?
Après 60 ans, ils rejoignent les haineux, hurleurs, oisifs du quai de Marseille.   ILS SONT DES LEURS.

Vous le savez bien ! Quoiqu’ils disent ! Quoiqu’ils fassent ! Ils ne satisferont jamais ces dirigeants Algériens, incapables de gérer leur magnifique pays, plein de richesses, de donner un espoir d’avenir à leurs concitoyens, condamnés à la guerre civile, plus grave, ils donnent à tous les casseurs des banlieues des motifs de révolte. 
Pourquoi respecteraient-ils nos gendarmes, nos policiers, nos pompiers, nos soignants et les enseignants ?  Pourquoi respecteraient-ils La FRANCE qui aurait selon ses dirigeants d’aujourd’hui commit ces crimes à leur égard. Allons ! Un peu de bon sens ! Un peu de courage ! ….
Pouvons-nous encore compter sur vous ?!
Dans l’attente de vous lire et de vous entendre dans les médias, je vous remercie, Madame, d’accepter mes respectueuses salutations.

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Lettre ouverte à JM Apathie

Lettre ouverte à M. Jean Michel APATHIE, Journaliste...

Monsieur,

 

Le 23/01/2021, sur France 5, émission « C’ L’Hebdo » avec l’animateur Ali BADDOU sur l’Algérie, vous avez tenu des propos inqualifiables, mensongers, ignobles, insultants, voire haineux à l’égard des Pieds Noirs, profitant de l’audience de cette chaine de télévision pour déverser publiquement votre fiel à notre égard.

 

Agé de 84 ans et Pieds Noirs moi-même, je me suis senti sali et humilié par ces propos. C’est pourquoi j’estime de mon devoir, afin de défendre notre honneur, de rétablir la vérité en vous adressant cette lettre ouverte en espérant que vous aurez l’honnêteté de la lire avant de la jeter.

 

De quel droit, monsieur, osez-vous, alors que vous n’aviez que 4 ans lors de l’indépendance de l’Algérie, refaire l’histoire de sa conquête et vous ériger en procureur ? Est- ce au titre de la culture à la mode américaine, ou en vertu d’une histoire acquise en lisant une certaine presse de gauche, ou en fréquentant certains milieux du même bord qui sont nés avec à la bouche, un biberon anticolonialiste, anti-Pieds–Noirs, collabos porteurs de valises pro-F L N, pour en extraire le fiel de la haine, alors que vous ne connaissez rien car ne l’ayant pas vécu personnellement.

 

Je pense en effet que la connaissance, l’honnêteté et l’impartialité intellectuelle se forgent avec le vécu et l’expérience personnelle et non par le « on dit ».

 

Ah vous êtes beaux, vous tous les moralisateurs, redresseurs de torts qui tel un FOUQUIER TINVILLE moderne, vouaient aux gémonies le peuple Pieds Noirs. Vous devriez méditer sur la formule d’un de vos confrères et vous en inspirer :

« Il n’est rien de plus absurde que de prétendre juger les hommes d’hier selon les normes juridiques, éthiques, politiques d’aujourd’hui. ».

 

Vos propos m’ont ramené 59 ans en arrière, à l’été 1962, quand Gaston DEFERRE, maire socialiste de Marseille, voulait empêcher les repliés d’Algérie de débarquer, les rejeter à la mer, voire d’ouvrir les cales des bateaux afin de les noyer ou encore les dockers communistes de la C G T qui immergeaient dans les eaux du port, les cadres de meubles ou les voitures qu’ils avaient pu sauver à grand peine.

 

Et puisque vous avez une connaissance très particulière de l’histoire de l’Algérie Française je vais vous faire un petit cours qui devrait améliorer votre savoir. Je rappelle donc que les Algériens ne pouvaient et ne peuvent toujours pas se prévaloir de la propriété de ce territoire. En effet les actuels maîtres du pays ne sont pas les héritiers du peuple d’origine, mais les descendants des envahisseurs arabo-musulmans, qui avant les Français avaient conquis ce qui était alors la Maurétanie, par le glaive, le sang, l’esclavage et la soumission à l’islam.
En effet les peuplades originelles, au IIIème siècle, étaient les Numides-Berbères, qui furent envahis successivement par les Romains, les Vandales, les Byzantins. Vinrent ensuite les Ottomans et la régence Turque de 1516 à 1830 avec des occupations temporaires et locales par les Espagnols.

 

À ce sujet, voici ce que disait Mr Hocine AIT HAMED, l’un des chefs historiques du F L N :

« Chasser les Pieds Noirs a été plus qu’une faute, un crime, car notre patrie a perdu son identité sociale. N’oublions pas que les religions juives et chrétiennes se trouvaient en Afrique bien avant les arabo-musulmans, eux aussi étaient des colonisateurs et aujourd’hui hégémonistes. »

« Avec les Pieds Noirs et leur dynamisme, je dis bien les Pieds Noirs et non les Français, l’Algérie serait aujourd’hui une grande puissance Africaine, Méditerranéenne. Il y a eu envers les Pieds Noirs des fautes inadmissibles, des crimes de guerre envers des civils innocents et
dont l’Algérie devra répondre au même titre que la Turquie envers les Arméniens. »

 

Les arabo-musulmans, une fois installés, firent d’Alger un repère de pirates et surtout un lieu d’esclavage d’êtres humains de race blanche très important. C’est pour éradiquer cette piraterie qui nuisait à la libre circulation des navires de commerce en méditerranée, ainsi qu’à l’esclavage, mais aussi suite à l’incident diplomatique du « coup d’éventail », que la France décida d’intervenir, puis par la suite de poursuivre la conquête de ces territoires auxquels le nom d’Algérie ne fut donné qu’en 1839 par décret du ministre de la guerre Vigile SCHNEIDER.

 

L’Algérie est donc une création purement française.

Ce n’est qu’au fil du temps que la décision d’en faire une colonie fut prise, après de nombreuses hésitations des gouvernements successifs.

Napoléon III envisagea même d’en faire un royaume arabe.

 

Vous avez aussi déclaré : Il se constitue des familles coloniales d’origine européenne française, mais de beaucoup d’Espagnols, d’Italiens.

L’Algérie française est en fait composée d’étrangers. « C’est cocasse ».

Ce qui est cocasse, monsieur, c’est que vous utilisiez ce terme avec moquerie, au moment où la France métropolitaine, votre France donc, a connu des vagues successives d’immigrants.
Ainsi en 1901 elle comptait : 323 539 Belges, 330 465 Italiens, 80 425 Espagnols, 89772 Allemands, 72420 Suisses.

Puis il y a eu la 2ème vague avec les italiens persécutés par Mussolini, les Espagnols républicains, puis les Arméniens rescapés du génocide, les Russes dit « blancs » fuyant le communisme, les Roumains, les Polonais (500 000 en 10 ans) etc.

Ainsi le Français d’aujourd’hui n’est pas plus français que les Pieds Noirs et a autant d’ancêtres étrangers qu’eux.

Qui plus est, la France subit à l’heure actuelle une invasion massive d’étrangers, non européens, avec des mœurs, une religion différente, qui ne veulent pas s’intégrer et ne sont français que par les papiers.

 

Les étrangers installés en Algérie adoptèrent la nationalité française avec fierté, parfois au sacrifice de leur vie en se battant pour la France durant les guerres de 1870, 1914/18 ou 1939/45.

D’ailleurs De Gaulle, lui-même, qui ne nous portait pourtant pas dans son cœur, leur a rendu hommage le 12/10/1947 au stade de Saint Eugène, à Alger en ces termes :

« Vous Français d’Algérie, ce sont vos hommes qui ont fourni la plus grande partie de notre armée victorieuse et versé, en proportion, le plus de sang sur les champs de bataille. En même temps la population supportait avec un courage exemplaire les dures privations imposées par la guerre. À moi- même, il m’appartient de témoigner de quel poids ont pesé dans la libération vos efforts et vos sacrifices. »

L’histoire démontrera quelle fut sa reconnaissance en nous abandonnant lâchement aux égorgeurs du F L N en 1962.

 

Autre sujet de controverse. Toujours au cours de l’émission du 23/01/2021, vous avez osé dire :
« Les Pieds Noirs prennent tout en main, volent des terres aux habitants. »

Encore une accusation mensongère. Non, les émigrés en Algérie n’ont rien volé. Ils ont obtenu des concessions de la part de l’Etat, concessions qu’ils ont payées comme ils ont payé les outils, les animaux, les matériaux nécessaires à l’exploitation du lopin de terre et à la construction de leur maison.

Par ailleurs ils avaient une obligation de résultats et ceux qui n’y arrivaient pas devaient restituer la terre.

 

Enfin dernière énormité aberrante que vous avez proférée : Vous avez osé dire :

« Les familles Pieds Noires avaient organisé la déscolarisation (!), pendant près d’un siècle de tous les Algériens et plongé un peuple dans l’ignorance »

C’est le summum de la bêtise.

Comment pouvez-vous dire de telles inepties, de tels mensonges ?

Cela dénote de votre part un manque total d’objectivité, de rigueur d’honnêteté journalistique.

Quelle honte.

Je vous rappelle, monsieur, que comme en métropole, l’éducation était du domaine de l’Etat et pas celui des familles Pieds Noires. Il y avait en Algérie une organisation identique à celle de la métropole avec des recteurs, des inspecteurs d’académie, des instituteurs, des professeurs formés à l’école normale, tous fonctionnaires d’État comme les époux MONNEROT (des métropolitains qui venaient prendre leur poste dans le bled) qui furent les premières victimes des assassins du F L N le 1er novembre 1954.

La déscolarisation des petits indigènes fut l’œuvre du F L N qui a tout fait pour que ces derniers ne reçoivent pas d’éducation car en tenant un peuple dans l’ignorance on l’asservit mieux.

D’ailleurs le corps enseignant a payé un très lourd tribut. Avant les « évènements» les petits arabes avaient accès à l’école publique au même titre que les petits français descendants d’immigrés.

Vous trouverez d’ailleurs, ci-après, une photo de ma classe à l’école primaire sur laquelle vous pourrez remarquer leur présence. S’ils sont moins nombreux, c’est parce que leurs parents les envoyaient à l’école coranique ou les gardaient comme main d’œuvre pour les aider, notamment pour garder les troupeaux de chèvres ou de moutons.

 

Par ailleurs, je joins également à la présente une copie d’écran du blog d’un ancien élève de mon village, qui doit avoir mon âge, qui montre les instituteurs de notre école, dont il a suivi l’enseignement, avec le commentaire suivant :

« Si les remerciements ont pour unité de mesure le poids, je transmets des tonnes et des tonnes de remerciements aux instituteurs Bou Hadjariens, avant et après l’indépendance, qui ont transmis leur savoir à plusieurs générations de Bou Hadjariens. »

Quel plus bel hommage peut-on donner de la part de quelqu’un qui aurait été déscolarisé ?

 

En outre vous lirez ci-après les témoignages de 2 personnalités dont on ne peut mettre en doute la sincérité :

 – Mr Belgacem IBAZEN (1884/1980), avocat, homme politique et écrivain :
« La scolarisation française en Algérie a fait faire aux arabes un bond de mille ans. »
– Mr Abderrahmane FARES, chef de l’exécutif provisoire Algérien :« S’il est en Algérie un domaine où l’effort de la France ne se discute pas, c’est bien celui de l’enseignement. Il faut dire que l’école a été un succès certain. Les vieux maîtres, les premiers instituteurs, ont apporté leur foi pédagogique, sans arrière-pensée, et leur influence a été extrêmement heureuse. »

 

Voilà, monsieur, j’en termine avec cette lettre un peu longue, mais il y avait tant de choses à dire pour rétablir une histoire que vous falsifiez sans vergogne. J’ose espérer que vous l’aurez lue et, qui sait, avoir le courage de vous excuser. Mais il est inutile de rêver.

Je vous salue par politesse, bien que je ne ressente à votre égard que de l’antipathie à hauteur du mépris que vous manifestez à notre égard, nous les Pieds Noirs, dont je suis, avec Honneur et Fierté !

 

Mr MARRONCLES Roland

83140 SIX FOURS LES PLAGES

Classe en Algérie
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