La guerre d’Algérie

La guerre d’Algérie, une guerre qui n’en finit pas d’en finir !

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Bernard Carayon,

Une tribune libre de Bernard Carayon,

Ancien député LR, maire de Lavaur,

Avocat au barreau de Paris.

Non, la France n’est pas responsable de sa mort. Et comme Français, je dénie au président de la République le droit moral d’engager ma nation dans cet insupportable et absurde mea culpa. Seuls pourraient être jugés devant l’Histoire les auteurs de son exécution. Mais aton jugé et trainé dans l’opprobre les Résistants, qui, à la Libération, ont fusillé ceux qui avaient trahi notre pays? Vaton juger, un jour, les crimes du terrorisme FLN et de ses alliés français?


En aucun cas, la France et la République ne sont responsables et coupables: la responsabilité collective est étrangère à notre civilisation. Elle entretient la guerre civile et la détestation entre les peuples. Et c’est d’autant plus grave pour notre pays où résident un ou deux millions d’Algériens. 


En hommes d’État, de Gaulle et Mitterrand avaient su amnistier, violant leurs entourages. Ils savaient que la paix des cimetières exige, aussi, l’oubli, suivant en cela leur lointain prédécesseur Henri IV: «que la mémoire de toutes choses passées d’une part et d’autre (…) demeurera éteinte et assoupie, comme des choses non advenues».


Tant que ce sentiment de culpabilité inconnu chez les autres grandes Nations sera entretenu, nous ne vivrons pas «ensemble» avec les Algériens. Qu’ils soient chez eux, ou chez nous.


Emmanuel Macron est un récidiviste de la faute morale. Qualifier, à Alger, durant sa campagne électorale, de «colonisation» la présence française en Algérie, et assimiler celleci à un «crime contre l’humanité» avaient révolté les Français qui ont une colonne vertébrale et un peu de mémoire.


Comme l’a écrit Marc Ferro(1), pourtant compagnon de route du FLN, «à l’époque coloniale, les instituteurs, les professeurs et les médecins ont accompli une œuvre dont ils n’ont pas à rougir».


C’est la France qui a fait l’Algérie. Elle n’était, avant Charles X, qu’un espace sans frontières auquel on donna un nom, peuplé de tribus constamment soumises à ses occupants successifs: romain, vandale, byzantin, turc. À la différence du Maroc, il n’y eut jamais en «Algérie» d’État et de nation; elle ne fut qu’une base de piraterie et de trafic d’esclaves en Méditerranée à laquelle la France mit un terme, en y débarquant en 1830. De toute l’histoire de ce territoire, une seule figure se détache, belle et majestueuse: celle d’Abd elKader, homme lettré, pieux, sobre et chevaleresque qui, sauvant la communauté chrétienne de Damas des massacres, suscita l’admiration du monde entier. Napoléon III en fit un Grand officier de la Légion d’Honneur. Estil, pour autant, célébré en Algérie, comme le fondateur de son esprit national? Nullement. On lui préfère les chefs du FLN qui se comportèrent en barbares durant la guerre et en prévaricateurs dès son issue. Leurs premières victimes furent civiles, et symboliques de la France: un couple d’instituteurs, lors de la «Toussaint rouge»; les plus nombreuses, des musulmans civils ou militaires , fidèles au drapeau français, comme l’avaient été leurs pères à Monte Cassino et à Verdun.


Mutilations, castrations, égorgements, enfants et leurs mères ébouillantés ou brûlés vifs, vieillards vidés de leur sang de manière chirurgicale, anciens combattants crucifiés avec leurs décorations pendantes, les parties génitales découpées et placées dans la bouche. Pas un de nos«intellectuels», avocats et hommes politiques, «porteurs de valise» n’a pleuré ces victimes dont le seul tort était de ne pas avoir embrassé leur cause révolutionnaire. Eux, comme leurs amis du FLN, n’ont pas pardonné à nos troupes d’élite, parachutistes et légionnaires, d’avoir gagné la bataille d’Alger et pacifié le reste du territoire. En somme d’avoir gagné la guerre.


Dès le 19 mars, jour du cessezlefeu, la boucherie reprend. 80000 harkis, lâchés par le gouvernement, sont torturés et assassinés.Beaucoup d’Européens aussi.


Eux, n’eurent ni avocats, ni jugements, juste des procureurs en France. Pas une féministe pour s’émouvoir des éventrations de musulmanes comme des Européennes enlevées et martyrisées dans les bordels militaires de campagne du FLN.


Non, la France n’est pas «responsable» de la mort d’un avocat FLN, mais bien coupable d’avoir abandonné les derniers combattants de l’honneur. Tant que leur mémoire ne sera pas défendue en Algérie par le Président de la République, il ne saurait exister de «paix des braves» et de réconciliation.

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Maurice Calmein,

Maurice Calmein, Fondateur du Cercle Algérianiste

Président de SOS Enfants du Liban

réagit au rapport de Benjamin Stora sur la guerre d'Algérie

Maurice Calmein

Benjamin Stora adepte du « en même temps »

Dans le rapport qu’Emmanuel Macron a commandé à Benjamin Stora pour réconcilier les mémoires sur la guerre d’Algérie, « l’historien officiel » s’est
efforcé, pour plaire à son maître, d’appliquer la règle du« en même temps ». Il parle de tout, ou presque, mais dans un parfait déséquilibre. Exemples : des pages sur Maurice Audin mais une seule ligne sur le massacre de près d’un millier de Pieds-Noirs, enlevés au hasard dans les rues d’Oran, le 5 juillet 1962, et rien sur les centaines de femmes enlevées et disparues à jamais.

Stora évoque fantasmagoriquement des « centaines de milliers de morts côté FLN » mais ose se contenter de mentionner, sans plus, « des Harkis massacrés », etc.
Pourquoi ne pas parler des dizaines de milliers de Harkis désarmés par la France sur ordre de De Gaulle puis livrés aux couteaux du FLN, égorgés, torturés, bouillis dans des marmites, émasculés, attachés et traînés derrière des voitures.

Déséquilibre donc, mais aussi manichéisme : la plupart des livres ou des films cités sont favorables aux indépendantistes, les seules associations pieds-noires citées, alors qu’il en existe des centaines et non des moindres, sont deux minuscules associations de gauche : « Coup de soleil » et « l’association des Pieds Noirs progressistes ». Et les mots employés sont savamment pesés : « Plusieurs » fédérations d’anciens combattants (autrement dit la FNACA et l’ARAC, proches du PCF) sont favorables à la commémoration du 19 mars mais les opposants à cette commémoration sont « de droite » et bien sûr et surtout « d’extrême-droite ».

Au légitime combat du FLN, Stora oppose « les sentiments de honte et de culpabilité de « certains » soldats », mais il ne précise pas lesquels…
Mais le petit rapporteur a omis certains sujets pourtant essentiels : l’inexistence d’un État et d’une nation avant 1830, l’occupation ottomane et ses persécutions contre les juifs, les milliers d’esclaves chrétiens dans la Régence d’Alger, le caractère islamiste de l’insurrection de 1954 (il aurait pu y penser, lui qui précise en introduction de son rapport, que celui-ci a été terminé au moment de la décapitation du Pr Samuel Paty et de l’assassinat de trois fidèles dans une église de Nice), le déni de souffrance infligé aux Français d’Algérie par la France et par l’Algérie, ou encore la grande et réelle fraternisation du 13 mai 1958 et la réalité des rapports entre les Pieds-Noirs et les indigènes.

Lui qui s’est pourtant maintes fois rendu en Algérie dans les bagages de voyages officiels, n’a pas connu la chaleur des retrouvailles et de l’accueil par les Algériens. Le petit échange avec des Algériens du peuple, auquel j’ai assisté en 1982 lors d’un voyage à Alger avec un groupe de Pieds-Noirs, en dit plus que tous les discours et rapports sur les relations humaines : un Algérien s’adressant à un Pied-Noir : « Au fait, pourquoi vous êtes partis, déjà ? » ; réaction du Pied-Noir passablement irrité par la question : « Comment ! Pourquoi on est partis ??! » ; réponse de l’Algérien un peu embarrassé : « Ah oui, c’est vrai, j’avais oublié… ».

Déséquilibre, omissions mais aussi interprétations frisant le mensonge, comme dans cette allusion à des Harkis souhaitant que leurs cendres reposent en Algérie et dont on laisse à penser qu’ils feraient ainsi allégeance au FLN. Stora n’a quand même pas osé dire la même chose des nombreux Pieds-Noirs qui demandent également que leurs cendres soient dispersées en terre algérienne ou en Méditerranée.

Enfin, le rapport Stora assène ou suggère quelques « vérités » comme le mythe d’une nation algérienne tout entière dressée contre l’envahisseur français, les dépossessions foncières généralisées, la conquête comme cause unique de l’engrenage sanglant des événements ou encore la distinction entre les gentils progressistes (il va jusqu’à proposer la panthéonisation de Gisèle Halimi !) et les méchants ultras responsables de tous les maux.

Quant aux propositions faites par Stora, elles ne sont pas moins partielles et partiales, comme la transformation des anciens camps d’internement des terroristes du FLN situés sur le territoire français en « lieux de mémoire », proposition qui, bien sûr, ne s’applique pas réciproquement aux camps de Harkis !
Autre proposition à la formulation curieuse : Insérer dans un décret « un paragraphe dédié au souvenir et à l’œuvre des femmes et des hommes qui ont vécu dans des territoires autrefois français et qui ont cru devoir les quitter à la suite de leur accession à la souveraineté ».

Les Pieds-Noirs et les Harkis apprécieront la formule « qui ont cru devoir la quitter »… Comme s’ils avaient eu le choix alors que des dizaines de milliers d’entre eux furent assassinés après le 19 mars 1962 ! C’est, par ailleurs, cette date du 19 mars, anniversaire des sinistres Accords d’Evian, jamais appliqués, que B. Stora propose de continuer à commémorer solennellement pour marquer la fin de la guerre d’Algérie…

Alors qu’il y eut davantage de morts après cette date très contestée et que seul François Hollande, contrairement à tous ses prédécesseurs, avait accepté d’ériger en journée officielle !

Non, décidément, ce n’est pas ce rapport qui permettra la réconciliation des mémoires. Mais pouvait-il en être autrement en confiant ce travail à un historien très contesté, ancien trotskyste et nommé par Hollande Inspecteur général de l’Éducation nationale en récompense de sa loyale contribution à l’élaboration de la doxa sur l’histoire de l’Algérie.

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Général H J Fournier

Le Général (2s) Henry Jean Fournier

Président de SOLDIS Algérie

Général H J Fournier

L’Association SOLDIS ALGERIE est une association Loi 1901 créée le 1er novembre 2014, par le général (2S) Henry-Jean FOURNIER, qui en est le président.
Elle rassemble aujourd’hui plus de 350 membres, dont une trentaine d’associations parmi lesquelles les principales associations ou fédérations d’anciens combattants d’AFN, qui apportent ainsi leur soutien à sa démarche.
Elle bénéficie également du soutien du Ministère des Armées (Secrétariat d’Etat – DPMA – Service Historique).
Son conseil d’administration réunit un représentant de chaque grande association : UNC – Fédération Maginot – FNPG-CATM et Souvenir Français.
Ayant été mise sur pied par un groupe d’anciens d’AFN originaires de Dordogne, elle a établi son siège social 15 rue Thiers, à Périgueux (24 000).
But et objectifs poursuivis
L’association SOLDIS ALGÉRIE s’est donné pour but de contribuer à l’écriture de la mémoire nationale à l’égard des militaires français de l’armée régulière portés disparus en Algérie, entre le 1er novembre 1954 et le 5 juillet 1964 et de sauvegarder leur mémoire.
A cet effet, l’association s’est fixée les objectifs suivants :
• dresser une LISTE aussi complète que possible des militaires français disparus, en réunissant toutes les informations disponibles afin de permettre d’entreprendre, le moment venu, la recherche des corps, leur identification et leur inhumation.
• rédiger et publier un MEMORIAL, afin de constituer, dans un premier temps, un mausolée virtuel
• ultérieurement, élever un MONUMENT à la mémoire des militaires français portés disparus, afin d’offrir à leurs familles et à leurs compagnons d’arme un lieu de recueillement et à la France un lieu de mémoire.

Réponse au journal "Le Monde" sur son dernier article concernant la guerre d'Algérie ( SOLDIS)

SOLDIS - Réponse au Monde (2021_03_25)
OLDIS - Réponse au Monde (2021_03_25)
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26 Mars 2021

Algérie Alger 26 Mars 1962 Massacre de la Rue d'Isly

A la Mémoire de nos Compatriotes morts Rue d'Isly

26 mars 1962, rue d’Isly à Alger. « Ce jour-là, pour la première fois depuis les événements de la Commune de Paris en 1871, une foule française a été mitraillée par ses propres soldats sur ordre de l’État, plusieurs milliers d’Algérois s’étaient rassemblés dans le quartier populaire de Bab El Oued pour une marche pacifique, vers 13h30, un déluge de feu et de fer s’est abattu sur la foule, trois-cents personnes y ont été tuées ou blessées lorsque le feu des armes s’est arrêté, un grand silence s’est abattu sur ce champ de mort, seulement troublé par le gémissement des blessés.

 

Ce crime d’État dont les instigateurs n’ont jamais été poursuivis est un crime contre l’humanité et ces victimes sont une seconde fois assassinées par les déclarations d’un candidat à la présidentielle qui a non seulement travesti la réalité historique mais porté atteinte à la mémoire des Français d’Algérie.

Ce 26 Mars 2021, Madame  Michele Soler Présidente du Cercle Algérianiste de Nice et Monsieur René Pico Président de l’Assemblée Nationale Pied Noir, représentant Monsieur Jacques Villard Chef de l’État Pied Noir, ont déposés une gerbe en mémoire de nos compatriotes assassinés.

Depot Gerbe 26 mars 2021 I

Un monument d’hommage fut construit à Nice, ville dont le rattachement à la France avait été postérieur à celui de l’Algérie, et dans le square Alsace-Lorraine, symbole s’il en fut de la patrie perdue puis retrouvée, région d’origine de nombreux Français d’Algérie ayant gagné ce territoire à la suite de la défaite de 1870. Oeuvre du sculpteur algérois André Greck, Grand Prix de Rome en 1936, il rejoignait dans ce square le monument en hommage à Paul Déroulède. Une main tenant une urne funéraire y était accompagnée d’inscriptions. Le projet était explicite : « 1830-1962. Passant, souviens-toi qu’il y eut une Algérie française et n’oublie jamais ceux qui sont morts pour elle. »

Aux Français d’Afrique du Nord et des terres lointaines qui firent la France d’Outre-Mer et la fécondèrent de leur sang la Ville de Nice a voulu donner sous son ciel bleu et ses palmiers au bord de sa mer latine l’image du pays perdu.

La Grande Poste d'Alger

Le 26 mars 1962, en guise de protestation, une foule pacifique d’Européens, y compris des femmes et des enfants, se rend en cortège vers le quartier de Bab el-Oued pour protester contre son bouclage par l’armée française.

Dans la rue d’Isly, devant la grande Poste, un détachement de tirailleurs algériens de l’armée française, sous le commandement d’un jeune lieutenant kabyle, fait face aux manifestants. Épuisés et ne sachant plus trop à quel drapeau obéir, ces hommes sont nerveux et prêts à en découdre.

La tension est à son comble quand soudain un tirailleur lâche une première rafale. Pendant 12 minutes, c’est le carnage. Un homme supplie : « Halte au feu, mon lieutenant un peu d’énergie, halte au feu… Mon lieutenant, criez je vous en prie ! ». Les cris redoublent : « Halte au feu ! ». Mais rien n’y fait.

On relèvera officiellement plus de quatre vingt morts, dont deux fillettes de dix ans, et deux cents blessés.

Le soir même, s’exprimant à la télévision, le général de Gaulle n’aura pas un mot pour les victimes de ce drame, bien que leur devant son retour au pouvoir. La presse s’abstiendra également d’en faire état sans qu’il soit nécessaire de le lui demander.

Bouleversés, les Algériens de souche européenne ou israélite, au nombre d’un million (10% de la population), prennent alors la résolution de fuir le pays sans attendre le référendum qui doit avaliser les accords.

Halte au feu mon Lieutenant

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Fusillade du 26 mars 1962

Fusillade du 26 mars 1962

Discours de ce jour 26 mars 2021 de Robert Ménard, Maire de Béziers: 

 

Madame, Monsieur, mes amis, mes chers amis,

Elle a changé de nom. Elle a disparu. La rue d’Isly n’existe plus, rayée de la carte.

Et avec elle, le passé a été jeté dans un puits sans fond, la tête la première.

C’est que son ancien nom interpelle encore. Les anciens, nos anciens mais pas seulement eux.

C’est que la rue d’Isly est inscrite en lettres de sang dans le livre de l’histoire de France, une histoire parfois passée sous silence, censurée, interdite.

Aussi, je vous propose d’ouvrir, une fois encore, ce livre cruel et de nous arrêter à la page du 26 mars 1962.

Ce jour-là, dans une Algérie encore française pour quelques mois, des milliers de Pieds noirs excédés, bouleversés par leur abandon programmé, manifestent dans cette rue algéroise. Ils n’en peuvent plus du mépris du gouvernement. Ils n’en peuvent plus de la lâcheté de leurs dirigeants, des renoncements, des trahisons…

Ils crient, ils s’interpellent, ils chantent, ils gueulent. Mais ils ne sont pas armés. Il y a de nombreuses femmes, des adolescents, des enfants qui accompagnent leurs pères, leurs frères, leurs maris. Une foule qui dit sa révolte, son dégoût devant la terrible décision de Paris : l’Algérie, cette belle Algérie qu’ils ont construite de leurs mains, qu’ils ont irriguée, qu’ils ont nourrie, le pays qu’ils ont créé, en faisant la petite sœur de leur Patrie, cette Algérie va être livrée aux tortionnaires du FLN !

Comment ne pas comprendre cette foule de Français en colère, cette foule désespérée, cette foule prise à la gorge ?

En face, il y a l’État, l’État parisien, l’État aveugle, l’État froid, l’État sans âme, représenté par un barrage de mitrailleuses. Mais qui peut penser un instant que nos soldats vont tirer sur leurs compatriotes ? Ce n’est pas possible !

Les familles algéroises ne l’imaginent même pas ! Ne peuvent pas le concevoir ! On est entre Français, entre nous !

Et pourtant ! Et pourtant… Un grand, un sourd crépitement pulvérise les premiers visages, explose les mains, les jambes, les yeux. Une mère tombe, un grand-père est fauché, le corps d’une gamine éclate contre un mur. Les soldats français ont tiré sur les civils français ! C’est la panique, la panique totale !

Je vous le dis aujourd’hui et j’en ai honte : ce 26 mars 1962, rue d’Isly, la France s’est déshonorée. 80 morts. 200 blessés. Des gens simples, des sans-grade, des innocents. Un massacre, un massacre inoubliable, inexcusable. 

À Béziers, dans notre ville où tant de Pieds noirs ont trouvé refuge, nous n’oublions pas, nous n’oublierons pas ce jour terrible. Parce que c’est notre devoir. Parce que nous le leur devons. Parce que les morts ne meurent vraiment que lorsqu’on les oublie.

Alors, cette année encore, je prends l’engagement de nous retrouver, l’an prochain, ici même, pour dire notre peine, notre douleur, pour dire notre compassion aux familles meurtries, pour dire notre révolte, pour dire que la rue d’Isly est dans nos mémoires et qu’elle y restera, à jamais.

Rue d’Isly, des hommes, des femmes, des enfants ont été fauchés, blessés, tués pour avoir simplement dit leur peur de perdre leurs racines, leur pays et, avec lui, une partie de leur histoire. Avec vous, je les pleure aujourd’hui. Ils étaient des nôtres.

26 Mars 2021 Bésiers
26 Mars 2021 Bésiers
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Bab el Oued le 23 mars 1962

Bab el Oued le 23 mars 1962

Fédération des Deux Rives

Etat Pied-Noir à l'Ouest de la Méditerranée

Sisyphe, le 23 mars 2021

 

Mes chers compatriotes,

Ce jour, ce 23 mars, est, pour nous, un jour de tristesse.

Il fut pour notre peuple pied-noir, le commencement de la fin.

Ma Légion d’Honneur est d’être un enfant de Bab el Oued

Mon Ordre National du Mérite est d’avoir vécu la Bataille de Bab el Oued, le 23 mars 1962 à Alger.

Ce jour-là, mon père  venait d’être assassiné par les services du Cabinet du Premier Ministre français.

Ce jour-là, ma mère était en clandestinité, après avoir connu la prison et les tortures.

Ce jour-là, mon grand-père maternel et moi, nous sommes montés, les mains derrière la tête, dans un camion militaire.

Ma tête était remplie des récits de guerre de mes grands-pères et de mon père, engagés volontaires au titre des conflits mondiaux de 14/18 et de 39/45.

Ils avaient quitté leurs foyers et leur terre natale pour défendre la France. 

La mission était belle. Le sacrifice, nécessaire.

Et la Vème République française, le 23 mars 1962, nous a tiré dessus, après avoir saccagé nos lieux de vie, puis nous a emprisonnés et nous a torturés.

A Bab-el-Oued, nous n’étions pourtant ni des fascistes, ni des colons.

Notre seule richesse était la pauvreté que nous partagions avec nos frères de toutes croyances et de toutes ethnies.

Des jours et des jours de confinement obligatoire nous ont été imposés.

Le quartier de Bab-el-Oued à Alger, confiné, devint un ghetto comme Venise, Budapest ou Varsovie, peut-être comme Paris, demain.

Selon Loïc Wacquant, un espace peut être considéré comme un ghetto s’il vérifie ces quatre éléments : le stigmate, le confinement spatial, la contrainte et l’emboîtement institutionnel (ou parallélisme institutionnel forcé). Il y a une double volonté « d’exploitation économique et d’ostracisation sociale » d’un groupe ethnique ou culturel sur un autre. Le ghetto est donc la matérialisation spatiale d’une domination ethno-raciale. 

Les ghettos ont toujours été construits par des hommes en uniforme qui avaient confisqué le pouvoir et qui l’exerçaient contre leurs propres peuples non par amour, mais par haine.  .

J’ai compris, ce jour-là, que nous n’étions plus des Français à part entière.

J’ai compris aussi qu’un général, Président de la République, un homme en uniforme, détestait les Pieds-Noirs.

Lui nous avait compris et nous, nous venions, hélas, de le comprendre, en particulier lorsque les tanks ont tiré sur nos habitations et que les avions ont mitraillé nos terrasses.

Les tenants de la Vème République de l’époque furent tous complices , car lorsque l’on reçoit un ordre qui est manifestement contraire à l’intérêt supérieur de la Nation, le premier devoir de tout citoyen est de désobéir.

Il est possible de pardonner,mais il est impossible d’oublier.

J’ai pardonné, mais je n’oublie rien

Ce jour là, je suis devenu véritablement un Pied-Noir.

C’est pourquoi je suis à la tête, aujourd’hui, de l’État Pied-Noir, n’ayant jamais cessé de me battre contre la Vème République française dont nous connaissons désormais les limites.

La France et le Peuple français ne sont en rien coupables de ces actes, mais ce général dont je ne prononcerai pas le nom s’est transformé brusquement de libérateur en dictateur.

Il est vrai que, comme il le disait lui-même : la vieillesse est un naufrage. 

Le 23 mars a été suivi par le 26 mars à Alger et le 5 juillet à Oran.

Des centaines de morts, des centaines de disparus, des milliers de blessés !

Il s’agit de massacres prémédités et perpétrés sur un peuple désarmé afin de le contraindre à l’exil et à la dispersion.  

Nous avons été marqués au fer rouge pour des fautes dont nous n’étions pas coupables.

Je le proclame devant le regard des peuples du monde !

Le 11 mars 1963, ce même général faisait fusiller un ingénieur aéronautique de haut rang, reconnu pour son génie par de grandes nations, qui, contrairement à la légende, n’avait pas, lui, les mains rouges du sang des Français.

Cet ingénieur était un fervent catholique, élevé au sein d’une famille gaulliste qui n’avait pas parjuré l’idéal de la résistance.

Il n’était pas Pied-Noir. Il était un excellent Français.

Cependant, cet ingénieur ne supportait pas le mensonge et la trahison, surtout lorsque ces deux mots deviennent  des instruments d’un pouvoir qui, faute de convaincre, se pérennisait par les armes et une communication de basse fortune.

Un homme politique français, d’un autre bord que le général président déclarait au moment où nous nous faisions massacrer et que nous tentions de fuir la barbarie : « que les Pieds-Noirs aillent se faire voir ailleurs ».

En créant cet État Pied-Noir,  » la Fédération des Deux Rives », c’est ce que nous tentons de faire sans peur et sans haine, mais avec ferveur et passion.

Nous sommes des Français de cœur et d’âme. Nous ne renions pas notre Patrie et nos familles françaises.

Nous sommes des gens simples, travailleurs, courageux, patriotes et déterminés.

Nous sommes surtout apolitiques et pacifiques.

Au sein de notre État, il n’y a pas de Ministre de la Guerre ou de Ministre de la Défense Nationale.

Nous voulons construire une enclave qui pourra être un navire de la reconquête lorsque la bataille de France aura été perdue, car nous le constatons, chaque jour, dans les villes et villages de France, une guerre est menée contre cette Patrie, grande et généreuse, que l’on défigure et que l’on meurtrie.

Chacun doit faire son Devoir là où le destin l’a placé.

Bataille d’Algérie, perdue !

Bataille de France, en passe d’être perdue ! 

Mais la guerre sera gagnée par le peuple du Camp des Saints et à main nues pour le cœur contre la raison, par amour contre la haine.

Chers compatriotes Pieds-Noirs, chères Françaises et chers Français, gardez Courage et Espérance ! 

Rejoignez-nous !

Nous ne sommes pas des destructeurs mais des femmes et des hommes  dignes de l’héritage des constructeurs de cathédrales.

Notre devise « la Paix pour seul combat » est un héritage que nous a légué notre « Prix Nobel » Albert Camus.

Déjà, en son temps, les Étrusques mettaient César en garde contre les « Ides de mars ».

César croyait en Jupiter.

Il croyait même être un dieu.

César se méfiait du reste du monde qu’il méprisait et c’est son propre fils qui fut l’instrument de son funeste destin.

Il faut savoir quitter le pouvoir lorsque le pouvoir vous quitte et que vous n’êtes plus légitime.

Les 15 morts oubliés des gilets jaunes murmurent dans le silence assourdissant d’une abstention du Peuple de France qui commence, enfin, à condamner, avant de se soulever.

Lorsqu’un Peuple cesse d’estimer, il cesse d’obéir !

Les dés sont jetés ! 

 

Jacques Villard 

Chef de l’État Pied-Noir

Président de la Fédération des Deux Rives.

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Tout simplement Indécent !

Rapport demandé par Macron à Benjamin Stora:

tout simplement Indécent !​

par Bernard Antony

Bachaga Boualem

LA COLONISATION UN CRIME CONTRE L’HUMANITÉ

 

Ce propos d’Emmanuel Macron, prononcé à Alger le 14 février 2017, dans la période de sa campagne électorale, était tellement énorme qu’il est à peine mentionné par le fanatique professionnel de l’anticolonialisme, Benjamin Stora, dans le  rapport qu’il vient de publier en ce dernier mois de janvier. Macron lui en avait passé commande au mois de juillet 2020. Le rapport a pour titre : <>. Encensée par Macron, sa supplication s’inscrit, à l’évidence, déjà dans la stratégie de ce dernier pour la prochaine élection Présidentielle, histoire de plaire à nouveau aux dirigeants algériens influençant en France une partie de l’électorat issu de l’immigration.Mais très certainement, Macron ayant mesuré l’indignation que son propos lui avait valu, avait fixé à Stora de ne pas trop y revenir.

Conformément à l’objectif commandé, Stora a donc livré un travail dans la forme plus huilé que l’odieuse affirmation macronienne précité. Mais non moins inacceptable quant au fond.

 
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Jean Jacques Jordi, Guy Pervillé Analyse Critique Rapport Stora

ANALYSE CRITIQUE DU RAPPORT DE BENJAMIN STORA PAR JEAN JACQUES JORDI ET GUY PERVILLE

Mercredi 17 février 2021.

Ce texte a été mis au point par Jean-Jacques Jordi et par Guy Pervillé avec la coopération de plusieurs autres historiens, et il est ouvert à d’autres signatures.

Comme d’autres historiens, nous avons reçu soit directement par Benjamin Stora, soit indirectement le rapport demandé par le Président de la République, Emmanuel Macron, sur l’état des lieux concernant l’histoire et les mémoires de la guerre d’Algérie. Après l’avoir lu, nous l’avons longuement étudié et nous en avons débattu, sans doute parce que nous en attendions beaucoup. Mais au final, nous sommes restés sur notre faim. A une première partie générale sur l’état d’esprit de ce rapport, puis aux grandes lignes d’explicitation de ce que peut être un travail de mémoire et de réconciliation entre la France et l’Algérie, succède une série de préconisations relativement décevantes. Comme si la réconciliation n’était pas à chercher avec l’Algérie mais avec les mémoires qui s’affrontent sur le seul sol français.
Pourtant, la science historique n’est pas une opinion. Les historiens ne peuvent pas se satisfaire d’un rapport qui relève davantage d’un texte politique que d’une réflexion historique. Nous en voulons pour preuve le choix des interlocuteurs choisis par Benjamin Stora, et les préconisations qui ne s’adressent qu’à la France.

Le choix des interlocuteurs

Effectivement l’Algérie d’aujourd’hui ou à tout le moins le gouvernement algérien semble absent du rapport sauf à deux reprises où Benjamin Stora souligne l’accord préalable des autorités algériennes ou un « reste encore à discuter ». On connaît la position constante de ce gouvernement concernant les Archives, les faits d’histoire subordonnés à une version officielle, la surévaluation massive des nombres de morts, et en conséquence on comprend que les mots excuses, repentance, crime contre l’humanité et réparations financières ponctuent les discours algériens.

 

Il s’agit là de postures sans doute, mais qui excluent toute réconciliation. Pour se réconcilier, il faut être au moins deux et chacun doit être capable d’avancer vers l’autre. Or, l’Algérie s’est muée depuis longtemps en statue du Commandeur avec soit les bras croisés (fermés à toute initiative), soit avec un doigt accusateur et vengeur. Jusqu’à aujourd’hui, les autorités algériennes soufflent le chaud et le froid en espérant remplacer les Accords d’Evian par un aveu de défaite morale de la France. De son côté, la France avec le président Chirac avait tenté une réconciliation qui n’a reçu aucun véritable écho en Algérie. Et les présidents suivants ont eux aussi tenté cette réconciliation, en vain. Il était donc normal que le Président Macron essaie lui aussi. Mais à chaque fois, la repentance, l’accusation de génocide, les excuses officielles de la France, voire une réparation financière évaluée aujourd’hui par certains auteurs à 100 milliards, sont pour les gouvernements algériens un préalable avant toute discussion. Or les Autorités algériennes ne sont nullement intéressées par la conclusion, soixante ans après les Accords d’Evian, d’un traité de paix ou d’amitié. On comprend alors que la marge de manoeuvre de Benjamin Stora ait été des plus étroites.

 

Si l’Algérie n’est pas la destinataire officielle de ce rapport, il s’efforce de prendre en compte les points de vue divergents des groupes porteurs de mémoires coexistant sur le territoire français. D’un côté, des Franco-Algériens influencés consciemment ou non par la politique mémorielle algérienne, et des Français de gauche qui tendent à partager leur point de vue. De l’autre, des victimes françaises de la décolonisation (Pieds-noirs, harkis, militaires de carrière et de vocation) qui se sentent très minoritaires et incompris. Entre les deux, une majorité favorable à l’indépendance de l’Algérie pour mettre fin à la guerre, qui n’a pas cessé de se renforcer depuis 1962. Benjamin Stora leur accorde-t-il la même attention ? L’impression domine à lire son rapport qu’il penche davantage vers les premiers. Mais en Algérie, le reproche contraire lui est très souvent adressé.

 

En réalité, Benjamin Stora propose des satisfactions mémorielles à tous les groupes porteurs de mémoires, en espérant les satisfaire sans céder à la revendication de repentance que l’Algérie présente à la France depuis un quart de siècle. Mais il le fait sans donner les raisons les plus solides à l’appui de ce refus. Le regretté Gilbert Meynier avait rédigé en 2007 (avec Eric Savarese et Sylvie Thénault) une pétition franco-algérienne, dans laquelle il déclarait nettement : « dépasser le contentieux franco-algérien implique une décision politique, qui ne peut relever du terme religieux de ‘repentance’. Et des ‘excuses officielles’ seraient dérisoires ». Il aurait fallu aller encore plus loin en récusant formellement cette revendication, récurrente depuis mai 1995, et en expliquant qu’elle est incompatible avec les clauses d’amnistie réciproque sur lesquelles étaient fondés les accords d’Evian du 18 mars 1962.

Les préconisations

La longue liste des préconisations contenues dans la conclusion du rapport, même si elle peut contenir quelques idées utiles, nous inspire une réaction d’incompréhension : elles sont pour le moins décousues et ne sont pas à même de favoriser une quelconque réconciliation, moins encore un apaisement.

Par exemple, pourquoi panthéoniser Gisèle Halimi ? Excellente avocate et pionnière de la cause féministe, s’il faut la reconnaître, ce n’est pas au titre de la défense de membres du FLN, mais de son combat pour le droit des femmes. Ne faut-il pas lui préférer William Lévy, secrétaire de la fédération SFIO d’Alger assassiné par l’OAS et dont le fils avait été assassiné peu de temps avant par le FLN ?

Pourquoi vouloir faire reconnaître Emilie Busquant (épouse de Messali Hadj) par la France ? Elle n’a pas connu la guerre d’Algérie puisqu’elle est morte en 1953. Le fait qu’elle ait « confectionné » le drapeau algérien entre 1934 et 1937 suffit-il à ce que la France lui rende hommage alors que l’Algérie ne l’a pas reconnue comme militante de la cause nationale pour l’indépendance de l’Algérie ? Il y a tant de femmes que la France devrait reconnaître : celles qui composaient les EMSI (les équipes médicales), Mademoiselle Nafissa Sid Cara, professeur de lettres, députée d’Alger et membre du gouvernement Debré jusqu’en 1962, par exemple.

Pourquoi honorer les époux Chaulet, alors qu’ils ont pris la nationalité algérienne, sont reconnus comme moudjahids et honorés par l’Algérie ? Pourquoi ne pas leur préférer les époux Vallat, elle institutrice, lui maire de Thiersville, assassinés par le FLN ? Pourquoi la France devrait-elle reconnaître l’assassinat de Maître Ali Boumendjel (reconnu lui-aussi en Algérie comme martyr) plus que d’autres commis à la même époque ? Ne revient-il pas à la France de reconnaître en premier lieu les siens avant de reconnaître ses adversaires ?

Peut-on être héros et martyr algérien et en même temps héros français ? Non bien évidemment. Face au Manifeste des 121 de septembre 1960 intitulé Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie, à l’initiative de Dionys Mascolo et de Maurice Blanchot, signé par Sartre et par tous ceux qui soutiennent le réseau Jeanson, un autre manifeste, le Manifeste des intellectuels français pour la résistance à l’abandon, paru en
octobre 1960, dénonçait l’appui que certains Français apportent au FLN, les traitant de « professeurs de trahison ». Ceux qui signèrent ce manifeste étaient plus nombreux et portaient des noms prestigieux. Nombre d’entre eux étaient de grands résistants. Que disaient-ils ? : « Considérant que l’action de la France consiste, en fait comme en principe, à sauvegarder en Algérie les libertés – et à y protéger la totalité de la population, qu’elle soit de souche française, européenne, arabe, kabyle ou juive, contre l’installation par la terreur d’un régime de dictature, prodigue en persécutions, spoliations et vengeances de tous ordres dont le monde actuel ne nous offre ailleurs que trop d’exemples, contre l’installation par la terreur d’un régime de dictature », ils taxaient le FLN de « minorité de rebelles fanatiques, terroristes et racistes » et déniaient « aux apologistes de la désertion le droit de se poser en représentants de l’intelligence française ». Soixante ans après, la proposition de Benjamin Stora d’un colloque international dédié au refus de la guerre d’Algérie est donc un choix idéologique.

Pourquoi considérer le 17 octobre 1961 comme date à commémorer officiellement ? Que les historiens étudient cette manifestation, cela va de soi. Mais nous pouvons nous étonner qu’on l’on préfère les approximations du livre du journaliste Jean-Luc Einaudi aux éléments sérieux de celui de l’historien Jean-Paul Brunet. Qu’on en fasse une commémoration « nationale », cela dépasse l’entendement à moins de donner des gages au FLN. Ou alors, dans ces conditions, comment ne pas accepter une commémoration nationale pour la fusillade du 26 mars 1962 à Alger, une autre pour le massacre du 5 juillet 1962 à Oran, et demander que nul ne porte atteinte aux plaques et stèles érigées à la mémoire de l’OAS ? Cette préconisation est donc de nature à souffler davantage sur les braises qu’à apporter un apaisement. Les mémoires engagées ne sont pas l’histoire.

Sur les Disparus, même si « la mise en place d’une commission mixte d’historiens français et algériens pour faire la lumière sur les enlèvements et assassinats d’Européens à Oran en juillet 1962, pour entendre la parole des témoins de cette tragédie » ( p 127) est une bonne proposition, il y a néanmoins un manque de discernement historique : le rapport parle de dizaines de milliers de disparus algériens, mais omet le nombre pourtant bien connu maintenant des 1700 disparus européens, des 5 à 600 militaires français disparus, inscrits d’ailleurs sur le Mémorial du quai Branly. Dans le même état d’esprit, si les disparus d’Oran sont évoqués, rien n’est dit sur ceux d’Alger pourtant en nombre plus important. En revanche, un travail sur la localisation des sépultures des « disparus » est à faire.

Sera-t-il rendu possible par l’Algérie ? Nous en doutons. Enfin, il y a sous la direction des Archives de France (dont le Service des Archives du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères et le SHD) et l’ONACVG une commission qui a travaillé sur l’élaboration d’un guide sur les Disparus en Algérie qu’ils soient le fait de l’armée française, du FLN et de l’ALN. Préconiser une recherche qui existe déjà est problématique.

Concernant les ex-supplétifs et Harkis, le rapport les réduit à la portion congrue : il aurait fallu dire que même si la France les a abandonnés, c’est bien l’Algérie indépendante qui en a massacré ou laissé massacrer un trop grand nombre, en violation de clauses fondamentales des accords d’Evian. Il faudrait donc faciliter les déplacements des harkis et de leurs enfants en Algérie, mais cela reste à « voir avec les autorités algériennes » ! On comprend le mécontentement exprimé par des représentants de harkis sur ces propositions. « Faire des quatre camps d’internement situés sur le territoire un lieu de mémoire » (p 127) (Larzac, Saint-Maurice-l’Ardoise, Thol et Vadenay) rend hommage aux internés algériens tout en faisant de l’hébergement des réfugiés harkis, plus tard, dans les deux premiers un simple épiphénomène. Rappelons toutefois qu’existe déjà le Mémorial de Rivesaltes qui fait un excellent travail. Et d’autre part, à l’initiative d’associations de harkis ou de l’ONACVG, des plaques ont été posées sur les lieux des camps, des hameaux forestiers. Pourquoi ne pas proposer un guide de recherches sur les harkis piloté par la Direction des Archives de France ?

Sur les archives (p 128), il faut dire ce qui est : leur rétrocession serait une catastrophe pour la recherche, car, d’une part, l’Algérie n’a pas les moyens humains et financiers de les accueillir (reconnu par l’archiviste algérien Fouad Soufi lors de la journée consacrée au Guide sur les Disparus du 4 décembre 2020), et d’autre part, si les gouvernements algériens ont réclamé ces archives, c’est pour que les historiens français ne puissent pas y trouver des éléments compromettant la doxa algérienne. Le maintien de la conservation et de l’accessibilité des archives doit être pour la France un impératif prioritaire par rapport aux revendications politiques de souveraineté exprimées par Abdelmadjid Chikhi.

Bien sûr, des pas ont été accomplis en France depuis 1999 par les Présidents de la République française. Quels sont les pas accomplis par les gouvernants algériens ? Une réconciliation suppose que l’on soit au moins deux et qu’on soit disposé à avancer l’un vers l’autre. Nous craignons que cela ne soit pas le cas et qu’une nouvelle fois, nous soyons aveuglés par notre désir de réconciliation. On ne peut plus considérer que la France reste encore coupable et surtout comptable de la situation de l’Algérie d’aujourd’hui.

Dans ces conditions, l’idée d’un « nouveau traité d’Alliance et de Vérités » à signer en 2022 nous paraît utopique. Au contraire, la proposition d’une commission « Vérité et réconciliation » à la française nous semble pouvoir être une très bonne idée, à condition que sa composition soit clairement définie en fonction de son programme et celui-ci clairement exposé. Il ne peut s’agir en effet de réconcilier l’Algérie et la France (au risque de soumettre la seconde à la première), ni de réconcilier toutes les mémoires qui s’expriment sur notre sol entre elles, car leur seul point commun est leur mécontentement de ne pas être assez entendues. L’objectif d’une telle commission ne pourrait être que de faire évoluer les mémoires conflictuelles vers un dialogue constructif, et vers la reconnaissance de l’autorité de l’histoire au-dessus des mémoires.

En revanche, il convient de réaliser un travail de recherche sur les conséquences des essais nucléaires français au Sahara (p 127), dont les premières victimes ont été des soldats français exposés en première ligne, ainsi que sur l’achèvement du déminage des frontières.

Donner à des rues, places et autres boulevards des noms de personnes issues de l’immigration et de l’outre-mer, de médecins, enseignants artistes d’origine européenne, pourquoi pas, mais lesquels ? Ceux qui sont déjà inscrits sur le monument aux Martyrs d’Alger ne peuvent pas légitimement trouver leur place en France. Pour les autres, qui ont prouvé leurs talents en Algérie ou après leur retour en métropole, il n’y a que l’embarras du
choix.

Quant à « l’OFAJ » (Office franco-algérien de la jeunesse) calqué sur le modèle de l’OFAJ (Office franco-allemand de la jeunesse), cette proposition nous semble contrefactuelle et passéiste. L’OFAJ « allemand » a été créé en 1963 et il se trouvait des jeunes gens de moins de vingt ans qui avaient connu la Seconde guerre mondiale. Créé en 1970, l’OFAJ « Algérien » aurait pu marcher mais aujourd’hui, il faut être naïf pour le croire.

La « création d’une ‘collection franco-algérienne’ dans une grande maison d’édition » (p 129) ne relève pas du rôle de l’Etat.

En revanche, et plus que symboliquement, pourquoi ne pas proposer aux grandes villes de France comme aux grandes villes d’Algérie une action commune qui reviendrait en Algérie à nommer une rue Albert Camus débouchant sur une place Mouloud Feraoun, et en France une rue Mouloud Feraoun qui arriverait à une place Albert Camus ?

Même sur des périodes plus reculées, la commémoration ne garantit pas l’apaisement. Par exemple, Benjamin Stora propose : « La création d’une commission franco-algérienne d’historiens chargée d’établir l’historique du canon Baba Merzoug – ou « La Consulaire » – et de formuler des propositions partagées quant à son avenir, respectueuses de la charge mémorielle qu’il porte des deux côtés de la Méditerranée » (- p 130). Mais ce prudent euphémismes camoufle un enjeu de discorde majeur, puisque ce canon qui a servi à riposter aux bombardements d’Alger par les flottes françaises dans les années 1680 a également servi à pulvériser de nombreux otages attachés à sa gueule (dont le père Levacher, religieux lazariste et consul de France en 1683).

 

Autre exemple encore plus frappant : « La construction d’une stèle, à Amboise, montrant le portrait de l’émir Abd el-Kader, au moment du soixantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie en 2022 » (p 126). Cette proposition qui semblait pouvoir recueillir une très large approbation a été repoussée avec indignation en Algérie par une pétition soutenue par son arrière-petit-neveu et président de la Fondation Emir Abdelkader : « Nous nous opposons à cette tentative de nouveau détournement de notre symbole et notre patrimoine par un État français dont les actions envers l’Algérie ont toujours des relents coloniaux. Nous, signataires de cette pétition, nous nous élevons de la façon la plus ferme et la plus déterminée pour dénier à cet Etat de jouer encore avec la haute figure de notre Émir. Nous demandons de la façon la plus énergique à notre propre Etat de se positionner clairement contre cette manœuvre néocoloniale et de peser de tout son poids pour refuser ce crime supplémentaire contre notre mémoire nationale ».

Ce rapport n’est donc pas à même d’apporter une réconciliation des mémoires ni avec l’Algérie, ni entre les « communautés » coexistant en France. Laissons donc travailler les historiens et non les « mémoriens ». Mais agissons pour que le public puisse enfin comprendre la différence entre les mémoires et l’histoire, et préférer celle-ci à celles-là. Telle nous paraît être la seule orientation réaliste, puisque les acteurs et les témoins de la guerre d’Algérie auront tous disparu d’ici vingt ou trente ans.

Conclusion

Près de quatre semaines après la remise du rapport Stora, ses conséquences commencent à apparaître. Si son accueil a été plutôt favorable en France, il l’a été beaucoup moins en Algérie. L’association des Anciens moudjahidin puis celle des enfants de Chouhada l’ont fermement condamné, et une pétition a été lancée par des députés algériens pour réclamer une nouvelle fois la criminalisation de la colonisation française. Après que le directeur des archives nationales algériennes, Abdelmadjid Chikhi, ait réclamé à la fin décembre 2020 la restitution de presque toutes les archives emportées par la France, le porte-parole du gouvernement algérien, Ammar Belhimer, a déclaré le 8 février 2021 regretter le refus de la France de reconnaître ses « crimes coloniaux ». Selon lui, l’épais dossier de 150 pages vient camoufler la vérité historique de la colonisation et de la guerre d’Algérie, rapporte le journal algérien TSA : « le criminel fait tout pour éviter de reconnaître ses crimes. Mais cette fuite en avant ne pourra pas durer » (cité par l’AFP le 9 février et dans Courrier international du 10-2-2021). Les dirigeants algériens qui n’ont pas cessé depuis 1995 de relancer cette
revendication de repentance oublient simplement que les accords d’Evian du 18 mars 1962, qui ont – trop lentement – mis fin à la guerre, étaient fondés sur l’amnistie générale et réciproque des deux belligérants. Refuser cette amnistie pour une seule des parties en cause, c’est relancer la guerre sous la forme d’une guerre des mémoires.


Ainsi, des conclusions se dégagent nettement :


Le rêve d’un traité d’amitié franco-algérien analogue au traité franco-allemand de 1963 a été une nouvelle fois démenti.


Les diverses mémoires qui s’expriment concurremment en territoire français ne sont pas spontanément portées à la réconciliation, comme l’a prouvé la condamnation de la proposition de panthéonisation de Gisèle Halimi par 51 femmes et filles de harkis.


La seule proposition réaliste, bien que difficile à réaliser, est la création d’une commission « Vérité et réconciliation » à la française, visant à accélérer le passage des mémoires à l’histoire. A condition qu’elle soit entreprise avec une inébranlable volonté d’impartialité [1], le rapport Stora aura été utile.

Jean-Jacques Jordi et Guy Pervillé

Ont participé à la rédaction de ce texte :

Gérard Crespo, historien,
Olivier Dard, historien, professeur à l’Université de Paris-IV,
Alain Lardillier, historien,
Jean Monneret, historien,
Michel Renard, historien, directeur éditorial du blog Etudes coloniales,
Roger Vétillard, historien.

Soutiens n’ayant pas participé à la rédaction :

Jacques Frémeaux, historien, professeur honoraire des universités ( ParisSorbonne), spécialsite de l’histoire de l’Algérie,
Maurice Vaïsse, historien spécialiste des relations internationales, professeur émérite à Sciences-Po Paris,
Pierre Vermeren, professeur d’histoire contemporaine, Université de Paris-I, spécialiste du Maghreb,
Denis Fadda, président de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer.

Autres signataires (en cours) :

Evelyne Caduc, professeur émérite de littérature française à l’Université de Nice,
Elizabeth Cazenave, docteur ès lettres, présidente de l’Association Les Abd-elTif,
André-Paul Comor, maître de conférences honoraire à l’IEP d’Aix-enProvence,
Gabriel Conesa, professeur émérite des universités,
Jean-Pierre Dedet, professeur émérite de médecine à l’Université de Montpellier, membre de l’Académie des sciences d’Outre-Mer,
Françoise Durand-Evrard, conservateur général du patrimoine, ancienne directrice des Archives nationales d’Outre-Mer (Aix-en-Provence),
Henri-Christian Giraud, journaliste et historien,
Alain Herbeth, historien,
Joëlle Hureau, agrégée de l’Université, docteur en histoire,
Jean Jolly, journaliste, membre de l’Académie des Sciences d’Outre-Mer,
Marc Michel, historien, professeur émérite à l’Université de Provence,
Jean-Pierre Pister, professeur émérite d’histoire en classes préparatoires,
Yves Santamaria, historien, maître de conférences émérite à l’Institut d’études politiques de Grenoble,
Pierre Spiteri, professeur émérite à l’Université de Toulouse,
Pierre-André Taguieff, politologue et historien des idées (directeur de recherche au CNRS)

 

« S’agissant de drames récents dont la mémoire risque d’être transmise déformée aux jeunes générations qui n’ont connu ni ‘l’Algérie de Papa’, ni ‘l’Algérie des colonialistes’, les historiens ont le devoir d’être plus prudents encore que leur métier ne l’exige habituellement. Si l’objectivité est philosophiquement impossible, l’impartialité est une vertu que tout historien peut et doit s’imposer ». Charles-Robert Ageron, 1993.

 
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Famille Ortega

Macron-Stora, parlez-nous du massacre de la famille Ortega…

Famille Ortega

Je m’adresse directement à vous, Emmanuel Macron, président de la République, et à votre complice, Benjamin Stora. Vous venez de reconnaître, en vous soumettant aux exigences des Algériens, le suicide de l’avocat Ali Boumendjel, l’un des responsables de certaines actions du FLN, comme susceptible d’être un crime commis par l’armée française et cela uniquement sur les écrits d’un affabulateur nommé «Aussaresses» qui, à lui tout seul, aurait assassiné je ne sais combien de terroristes et gagné la « Bataille d’Alger » en 1957.

A votre tour, réclamez du gouvernement algérien des excuses pour les crimes atroces commis sur des innocents qui n’étaient pas leurs ennemis, comme vous allez pouvoir le constater :

Il était 11 h, ce jeudi 1er mars 1962. L’air était doux, le ciel et la mer bleus, le soleil brillait au firmament sur Mers-el-Kébir, en banlieue oranaise, et cela laissait supposer une journée des plus radieuses, lorsqu’un groupe de musulmans, encadré par des femmes, fit irruption dans la conciergerie du stade de La Marsa, tout près de la base militaire.

Dans une véritable crise de folie meurtrière collective, les hommes s’emparèrent de la gardienne, Mme Josette Ortéga, une européenne âgée de trente ans et, sans la moindre raison, faisant preuve d’une barbarie monstrueuse, ils la massacrèrent à coups de hache.

Couvertes de plaies affreuses et dans un ultime effort, Josette Ortéga tenta de s’interposer entre ses bourreaux et son petit garçon, André, âgé de quatre ans. Déchaînés, ils la frappèrent encore et encore puis, quand il ne resta plus qu’une loque sanguinolente, ils se jetèrent sur l’enfant et lui broyèrent le crâne contre le mur.

Ils s’apprêtaient à partir lorsqu’ils virent arriver une petite fille avec des fleurs à la main. C’était Sylvette, 5 ans, qui venait de cueillir les fleurs dans le jardin. Aussitôt ils se ruèrent sur elle et la frappèrent à coups de pieds et de poings puis, pour l’achever, la saisissant par les pieds ils la fracassèrent également contre le mur, comme son petit frère.

Quand Jean Ortéga, employé à la direction des constructions navales, franchit la grille du stade, le silence qui régnait le fit frissonner. D’habitude, ses enfants accouraient, les bras tendus dans un geste d’amour. Une angoisse terrible le submergea. Il s’approcha lentement, regardant autour de lui puis, là, dans la cour, le petit corps désarticulé, tenant encore dans ses mains crispées des géraniums, la tête réduite en bouillie et baignant dans une flaque de sang noirâtre.

N’êtes-vous pas bouleversé, comme je le suis, Emmanuel Macron ?

Et si cela ne vous suffisait pas, voici l’une des autres barbaries que vous pouvez soumettre à votre complice Stora :

Le 20 août 1955 à 12 h, une katiba (bande de terroristes-égorgeurs du FLN), armée jusqu’aux dents, a massacré 123 habitants (71 européens, 52 musulmans et 120 disparus).

Cela s’est passé à El Halia, petit village minier près de Philippeville, où les Arabes et les Français cohabitaient en parfaite osmose. 250 familles algériennes ainsi que 130 familles européennes, travaillaient dans la mine, dirigée par un jeune ingénieur, M. Revenu, nommé tout récemment.

Le responsable local du FLN se nommait Zighout Youssef.

Mais plutôt que de laisser des gens raconter ce qu’ils n’ont pas vécu, je préfère laisser la parole à Marie-Jeanne Pusceddu, qui était sur place ce jour-là (Marie-Jeanne a été recueillie, après l’indépendance, et dès son arrivée en métropole, par les sœurs de Saint-Vincent de Paul à Lacanau-les-Bains (Gironde) :

« Il était 12 h lorsque nous avons entendu des coups de feu et les youyous des mauresques. Tous les hommes travaillaient à la mine. Ma belle-sœur, Rosé, sa petite dernière, Bernadette (3 mois) dans les bras, et ses enfants, Geneviève 8 ans, Jean-Paul 5 ans, Anne-Marie 4 ans et Nicole 14 ans, sont venus se réfugier chez nous. Il y avait ma mère, mon frère Roland, 8 ans, mes sœurs Suzanne, 10 ans, et Olga 14 ans, et mon mari qui venait de rentrer pour déjeuner avec nous. Mon autre fils, Roger, 17 ans, travaillait à la mine.

*Les fellaghas ont fait irruption en cassant la porte à coups de hache. C’était Chérif qui les dirigeait. Chérif, le chauffeur de taxi, notre ami, lui qui avait assisté à notre mariage et était venu nous chercher à la gare à notre retour du voyage de noces. C’est lui qui commandait les fellaghas qui hurlaient : « Nous voulons les hommes ».

Chérif a tiré en pleine poitrine sur ma pauvre mère avec son fusil de chasse. Elle est morte sur le coup, avec Roland dans ses bras, grièvement blessé. Rosé a été tuée dans le dos et son bébé écrasé contre le mur. Ensuite Chérif a tiré sur moi et j’ai reçu la balle à hauteur de ma hanche. Olga, ma sœur, a été violée puis assassinée et mon autre sœur, Suzanne, blessée à la tête (elle en porte encore aujourd’hui la marque).

*Toute la famille Azaï a été également massacrée à coups de couteaux, la sœur de ma mère, son mari, ses deux filles, dont l’une était paralysée, et son autre fille, qui arrivait de France en vacances, déchiquetée à coups de couteaux avec son bébé.

*A la mine, le massacre s’est poursuivi. Mon frère assassiné, mon cousin Julien également alors qu’il se trouvait au restaurant. Pierrot Scarfoto, à coups de fourchette et les testicules coupées et enfoncées dans la bouche, tout comme mon neveu, René. Mon père, sourd de naissance, blessé s’est réfugié dans une galerie abandonnée où on ne l’a retrouvé mort que 15 jours plus tard. 13 membres de ma famille abattus ce même jour. »

Je ne vous demande pas de recevoir à l’Elysée les survivants de toutes ces tueries, il n’y aurait pas suffisamment de place, je vous sollicite tout simplement pour que vous réclamiez également repentances et excuses aux Algériens pour ces massacres d’innocents qui n’étaient pas en guerre contre le FLN.

 Manuel Gomez

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