Un silence d’État: Les disparus civils européens de la guerre d’Algérie

Silence d'Etat

Il fallait un historien de gauche pour qu’il ait quelque chance d’être relayé et cru: Jean-Jacques Jordi l’est. Durant quatre ans, il a pu, par autorisation spéciale, fouiller les archives secrètes de la guerre d’Algérie. Il en a tiré un livre:Un silence d’État, les disparus civils européens de la guerre d’Algérie.Pourtant spécialiste de la question, il est stupéfait: »Jamais je n’aurais imaginé découvrir de tels faits ».L’on savait, certes, qu’i y avait eu de nombreuses exactions contre la population de souche européenne et les harkis à l’indépendance, et en particulier de nombreux enlèvements. Mais on ne savait pas que des Européens séquestrés avaient été saignés à mort pour servir de « donneurs de sang » à des terroristes du FLN.Et l’on imaginait encore moins que le FLN recevait des listes de personnes à enlever en provenance d’agents de la France. De Gaulle, après l’indépendance, avait décidé que la guerre au FLN était terminée et que la guerre à l’OAS commençait: ce n’était pas un vain mot.La figure du Général de Gaulle, quelque grand Français qu’il ait pu être à d’autres époques,en ressort fort diminuée, voire flétrie d’une tâche de boue et de sang.Il reste aujourd’hui près de 4000 disparus dont les corps n’ont jamais été retrouvés. La plupart des personnes enlevées sont néanmoins retrouvées assassinées.