Les Pieds-Noirs : vers leur destin

La plaquette que vous détenez entre vos mains est la matrice d’un ouvrage qui vous a été présenté au cours de l’année 2019. 

L’idée de la création d’un État Pied-Noir, libre et souverain, n’est pas sortie, tel un lapin tiré par les oreilles, du chapeau d’un magicien un peu fou et illusionniste à souhait. Il s’agit certainement de l’un des secrets les mieux gardés de la V ème République, celui qui aura fait versé le plus de sang français depuis la naissance du peuple Pied-Noir. 

Tout commence probablement avec la destruction de Jérusalem, la capture des partisans de Jean de Gischala et la fuite de tribus juives vers l’Afrique du Nord, en passant par l’Égypte.

Cette longue marche à travers les siècles jusqu’à nos jours a vu apparaître un peuple nouveau formé par des apports successifs, en Berbérie, d’européens venus de la rive nord de la Méditerranée s’installer sur la rive sud de ce lac intérieur entre l’Europe et l’Afrique.

Cette jonction entre les Deux Rives est la raison même d’avoir donné à notre État Pied-Noir le surnom de Fédération des Deux Rives (la FDR).

Si nous sommes d’accord pour considérer que Alexandre Arcady et ses frères sont Pieds-Noirs, alors nous ne devons pas les couper de leurs racines et considérer qu’elles sont aussi celles de tous ceux qui ont entremêlé leur sang pour donner une identité commune à un peuple nouveau, sorti des ténèbres de l’histoire.

Ce peuple, les Pieds-Noirs, a pris certainement sa consistance et sa conscience avec la prise d’Alger en 1830 par les troupes françaises qui chassèrent les Turcs, après une occupation qui datait du XVIème siècle, suivant celle des Arabes installés depuis le VIIème siècle.

Au même titre que les Arabes et les Turcs, la France colonisa l’Afrique du Nord.

Dans l’impossibilité diplomatique de se maintenir sur la rive sud de la Méditerranée, la France décida de s’en retirer à partir de 1956 en mettant fin aux différentes formes de protectorats en Égypte, en Tunisie et au Maroc. Elle acheva son retrait par l’Indépendance donnée à l’Algérie en 1962.

Des négociations secrètes furent entamées entre Arabes et Français à partir du 16 septembre 1959. Elles ne cessèrent de se dérouler jusqu’au 18 mars 1962 date de la signature des accords d’Evian.

Trois solutions étaient envisagées par la France :

L’Algérie reste française, 

L’Algérie est remise aux Arabes, 

L’Algérie devient un État fédéral respectant les trois ethnies (Berbères, Arabes et Pieds-Noirs) regroupées géographiquement. 

Ce fut la deuxième solution qui l’emporta parce qu’elle était la plus facile à mettre en œuvre avec l’assentiment de la communauté internationale. Les accords secrets, prévoyant le retour de l’hégémonie arabe, permirent à la Première République algérienne de maitriser la question berbère et à la V ème République française de peser sur la présence des Pieds-Noirs en Afrique du Nord. 

Quatre jours après les accords d’Evian, la Cinquième République organisa le Génocide, l’Exode et la Dispersion des Pieds-Noirs dans le Monde en commençant par le massacre des habitants du ghetto de Bab el Oued le 23 mars 1962, en passant par celui d’Alger le 26 mars 1962 et en terminant par celui du 5 juillet 1962 à Oran qui ne put avoir lieu que parce que le Gouvernement français de l’époque avait retiré les troupes françaises laissant le champ libre à l’Armée de Libération Nationale.

Les Pieds-Noirs furent livrés à eux-mêmes. Aucun plan de sauvegarde ne fut mis en place, chacun s’enfuyant par mer et par air vers divers horizons et selon ses propres moyens.

Seule, l’Espagne organisa des opérations de dégagements contrôlés par le biais de navires de guerre au risque d’un affrontement avec les forces navales françaises.

Les partisans de l’Algérie française et de l’Algérie fédérale continuèrent à se battre pour tenter de permettre aux Pieds-Noirs et aux Berbères de maîtriser leurs destins. Il s’en suivi des massacres individuels et collectifs perpétrés par des services confidentiels des deux Républiques de 1962 à nos jours.

Ces temps derniers, un gouvernement provisoire kabyle s’est formé afin d’obtenir la reconnaissance internationale du combat du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie avec l’aide de l’UNPO (Unrepresented Nations and Peoples Organization)

De même, l’Association des Pieds-Noirs dans le Monde et leurs Amis (PNMA) a donné naissance le 1er octobre 2016 à l’État Pied-Noir, évènement espéré depuis 1870, sous l’appellation de Fédération des Deux Rives (FDR).

Nous présenterons tous les détails et les documents des tentatives de création de cet État depuis 1870 au sein de l’ouvrage à paraître, mais retenons quelques noms des auteurs recensés par ordre chronologique : Romuald Vuillermoz, Félix Dessoliers, Raymond Aron, Robert Hersant, Général Edmond Jouhaud, David ben Gourion, Jean Sarradet, René Villard, Général Paul Gardy, Jacques Villard.

Tous les acteurs de cette Troisième Voie fraternelle ont eu à affronter des obstacles dont certains furent insurmontables car sanctionnés par des assassinats.

Il est certain que son application aurait permis d’éviter de grandes souffrances aux Pieds-Noirs en leur permettant de vivre et de prospérer sur leur terre natale.

Il reste maintenant à forger un avenir pour les descendants de ce Peuple Pied-Noir et de sa Nation au travers des travaux gigantesques qui attendent l’État Pied-Noir. 

Jacques Villard 

Si l’auteur de cet article est cité parmi ceux qui tentèrent d’instaurer un État Pied-Noir, ce n’est pas parce qu’il est le fils de René Villard ou le chef actuel de l’État Pied-Noir, mais bien parce qu’il fut le fondateur, à la demande du Général Jouhaud, de l’Association Patria Nostra qui avait pour but de créer un État Pied-Noir en 1972.