Pieds-Noirs, plus que jamais !

L’amitié est la plus sévère école de la vérité, elle n’admet ni le mensonge ni la trahison.
C’est en ces termes que s’exprimait Félicité de Genlis, exceptionnelle femme de lettres française, décédée en 1830,
année de la conquête de l’Algérie.
Secrétaire National de la Fédération Nationale des Jeunes Rapatriés, Secrétaire National de la Fédération pour l’Unité des Rapatriés et des Réfugiés, Co-fondateur du Cercle Algérianiste, Président Fondateur de Patria Nostra et de tant d’autres associations en faveur de mon Peuple Pied-Noir, fils d’un père assassiné, enfant de Bab-el-Oued, quartier martyr d’Alger, je n’oublie pas et n’oublierai jamais mes parents et mes amis tombés sous les balles de la Vème République
française et de celles de la Ière République algérienne, mais bien souvent aussi, sous les balles de nos propres frères de combat.
Jacques Villard
Ce fut « le temps des trahisons ». De  Vive  l’Algérie  Française  à  Je  vous  ai  compris,  je n’oublie pas, non plus, « le temps des mensonges ».
Des prisons à la torture, des enlèvements aux cercueils, des serments aux valises, des pleurs au sang, j’ai vu massacrer les miens.
J’ai vu mes frères Pieds-Noirs affronter des terres et des mers en furie. Je les ai vus prendre la fuite en laissant tous leurs biens. Je les ai vus subir des années de souffrances et de labeurs mais aussi garder leur tendresse et leur joie de vivre.
Je les ai vus mourir de froid lors de ce terrible hiver 62-63 qui gela la France jusqu’aux os et jusqu’au cœur sans que le moindre secours d’ampleur leur soit apporté. Comme beaucoup, j’ai vécu dans des logements sordides, dans des caves et des cages d’escaliers. Nous avons connu la faim et le désespoir.
Je les ai vus se suicider pour ne pas subir les pires outrages. Je les ai vus périr en mer. Je les ai vus tomber, les pieds en sang, d’avoir trop marché pour trouver un logement ou un travail. Je les ai vus affronter leurs cancers. Je les ai vus insultés et lapidés.
J’ai entendu aussi les clameurs haineuses, les mises à mort. J’ai entendu les gémissements de corps martyrisés, de femmes et d’enfants battus, violés, brûlés, de vieillards pleurant sous les crachats et les balles.
J’ai entendu la désespérance qui accompagnait le spectacle de leurs cadres maritimes, pleins de toute leur vie, plongés dans les eaux des ports français par des dockers de fortune.
Enfin, j’ai entendu les silences assourdissants de toute la classe politique française et algérienne. Ces politiciens d’alors sont tous coupables et complices. Ils ont tous les mains rouges du sang pied-noir. Il ne faut pas vouloir excuser l’inexcusable. Il y a eu un antipiednoirisme comme a existé un antisémitisme. Prenons garde à ce que ces deux sentiments destructeurs ne réapparaissent pas sur fond de crise nationale !
Ce fut la terreur, un carnage, un génocide puis l’exode, l’exil à travers le monde, la dispersion. Ils ont voulu éradiquer un peuple, le digérer, piétiner toute trace de son existence, comme ce fut le cas pour nos frères juifs, arméniens, rwandais ou autres peuples martyrs. La liste est longue et n’aura pas de fin.
Cependant, nous sommes restés debout, dignes et silencieux. Nous avons étudié. Nous avons travaillé durement. Nous avons observé plus d’un demi-siècle de recueillement. Nous avons surmonté plus de passages d’obstacles que nul autre peuple contemporain. Nous avons fait face aux promesses non tenues et au mépris de la parole donnée mais aussi, hélas, fait face à la corruption de certains de nos dirigeants sous toutes ses formes.
C’est par la main tendue, que nous avons, en vain, attendu la justice alors que des hordes entraient dans les habitations de nos pères et de nos grands-pères pour voler nos meubles et nos souvenirs. Nos tombes ont été profanées et les corps exhumés ont été humiliés, salis au mépris des commandements divins.
Les gouvernants français et algériens des deux Républiques des deux rives n’ont rien construit de durable en plus de 50 ans, d’un côté comme de l’autre de la Méditerranée.
Tout s’est envolé, les milliards du pétrole et ceux des trente glorieuses.
Désormais, la France et l’Algérie sont à genoux, face aux crises sanitaires, économiques et politiques. Les hordes de toutes origines se déversent, encore et encore, sur le territoire national.
C’est le fléau de Dieu comme l’ont décrit Saint Augustin et Grégoire de Tours. Le Peuple français est confronté à la paupérisation et au chômage annoncés.
Le Peuple algérien affronte la misère de masse et l’exode pour survivre.
Tant de sueur, de larmes et de sang pour rien : Heureux sont les martyrs qui n’ont rien vu !
Et, nous ? Avons-nous pris les armes ? Avons-nous monté des milices pour nous défendre ? Avons-nous commis des massacres ? Avons-nous réclamé par la force les terres perdues ? Avons-nous retraversé la mer pour obtenir justice et vengeance ?
Non, jamais !
La Guerre, qui a duré 8 ans, a opposé les despotes de la Vème République française à ceux de la Ière République algérienne.
Les fins des deux systèmes sont annoncées dans les pages des trois livres sacrés : ils ont vécu par le glaive, ils périront par le glaive.
L’OAS et le CNR, dont on nous accuse en permanence d’en avoir été membres, sans aucune preuve, n’ont jamais été des organisations révolutionnaires créées par des Pieds-Noirs.
L’OAS était une organisation militaire dont le Chef était le Général Raoul Salan, né à Roquecourbe dans le Tarn, Général d’Armée, officier français le plus décoré de son époque avec 17 citations, qui appela le Général De Gaulle aux affaires depuis le balcon du Forum à Alger le 16 mai 1958.
Cette organisation comprenait des centaines de soldats, de sous-officiers et d’officiers français qui ont été recherchés par des polices spéciales, sorties des prisons pour l’occasion, titulaires de cartes tricolores. Ils ont été pourchassés, arrêtés, torturés, embastillés, calomniés, jugés par des tribunaux d’exceptions, et, pour certains d’entre eux, fusillés ou assassinés dans les rues et les chemins de campagnes en Algérie comme en France.
Le CNR était une organisation civile française de révolte à la politique d’abandon d’un félon de l’époque dont nous tairons le nom pour ne pas offenser l’Histoire de France !
Son Président était Georges Bidault, né à Moulins dans l’Allier, un grand résistant que l’on a vu descendre les Champs-Élysées devant le Général de Gaulle, au moment de la Libération de la France.
Georges Bidault était un Compagnon de la Libération, un grand homme d’État français, président du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF) en 1946.
Le Général Raoul Salan et le Président Georges Bidault étaient, tous deux, Grands Croix de la Légion d’Honneur.
Lorsque tous deux ont appelé à la révolte, la révolte est devenu un devoir voire un ordre.
Combien de criminels de guerre, civils et militaires, d’un côté comme de l’autre, ont été amnistiés dans le même temps, à deux reprises, par les puissances publiques françaises et algériennes, en dehors de toutes les lois internationales et du droit français ?
Lorsque la Vérité se meurt et lorsque le Mensonge devient mémoire d’État, il faut oser crier la Vérité à gorges déployées.
Que les observateurs n’en doutent pas, les dirigeants et les citoyens de l’État Pied-Noir, de la Fédération des Deux Rives sont des femmes et des hommes pacifiques, misant sur le développement de la Paix et sur le développement durable de la Méditerranée.
Nous voulons faire refleurir l’amitié et la solidarité qui unissaient jadis tous les peuples de la Méditerranée.
L’avenir de nos enfants et petits-enfants des Deux Rives de la Méditerranée doit être bâti comme celui des
Deux Rives du Rhin en oubliant les tourments du passé.
Li fet met ! Le passé est mort ! Laissons les morts enterrer les morts !
Nous venons de créer un État pour entrer en Paix au sein du concert des Nations. Notre Peuple Pied-Noir, notre Nation Pied-Noir ne peuvent pas mourir. C’est écrit !
Nous avons un dernier devoir à accomplir. Nous avons construit toutes les autres obligations d’un État moderne.
Il nous faut acheter notre territoire. Nous ne sommes pas des voleurs. Nous allons payer nos terres pour la deuxième fois.
Nous allons faire vivre nos enfants chez nous et enterrer nos morts chez nous.
Oui, nous supportons une nouvelle fois des mensonges, des abandons et des trahisons, y compris à l’intérieur même de nos structures, mais nous voyons aussi arriver à nos côtés des européens de toutes les Nations qui ne supportent plus le sort qui leur est infligé au nom du châtiment de Dieu.
« Dieu », quel qu’il soit, est clément et miséricordieux. Il ne demande pas que coule le sang.
Si la France veut s’endormir à l’ombre des minarets, pendant que l’on brade ses Églises, que l’on vend ses
Temples, qu’on martyrise ses Synagogues et qu’on crache sur ses Tombes, c’est son droit.
Mais, ce n’est pas notre idéal.
Nous, nous allons partir, comme nous l’a ordonné, un représentant de la République française en nous disant « Que les Pieds-Noirs aillent se faire voir ailleurs ! ».
Mais, fidèles au « Chant des Africains », nous reviendrons lorsque le sol de la Patrie sera en danger comme
l’ont fait nos grands-pères en 14/18 et nos pères en 39/45. Le « Courage » et l’ «Espérance » sont nos moteurs.
Les Français libres ne sont-ils pas partis en Angleterre pour revenir combattre et gagner la guerre ? Nous, Pieds-Noirs, nous allons partir pour ne pas subir, mais nous reviendrons comme « La Fayette ».
Nous restons des francophones, fiers de l’être et des soldats mobilisés.
Face au déferlement, nous tiendrons, même si notre sort est de finir comme les héros de « Fort Alamo ». Que nos adversaires ne doutent pas un seul instant de notre foi et de notre détermination, nous avons pris notre destin en mains et nous ne le lâcherons plus !
Dans le grand livre de l’histoire des peuples, les Pieds-Noirs écrivent leur Odyssée à l’encre des larmes, chaudes et glorieuses de leurs mères.
Jacques Villard,
Président de la Fédération des Deux Rives
Chef de l’État Pied-Noir
Sisyphe, le 7 janvier 2021
Jacquesvillard34@gmail.com
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